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	<title>Synergiz &#187; indicateur</title>
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	<description>Réconcilier économie et biodiversité</description>
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		<title>L’efficacité globale des bâtiments</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Mar 2009 16:20:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Germaneau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les labels de performance énergétique connaissent un développement croissant ces dernières années. Minergie, Passiv’Haus, HQE, HPE, THPE, BBC, RT 2005, BREEAM, ou encore QEB, sont les plus connus, et de nouveaux outils voient régulièrement le jour. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) a fait naître la plupart de ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les labels de performance énergétique connaissent un développement croissant ces dernières années.</strong> Minergie, Passiv’Haus, HQE, HPE, THPE, BBC, RT 2005, BREEAM, ou encore QEB, sont les plus connus, et de nouveaux outils voient régulièrement le jour. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) a fait naître la plupart de ces labels. Il est par conséquent normal d’y retrouver des indicateurs qui permettent d’analyser la performance d’un bâtiment selon l’énergie qu’il consomme (1). Pourtant, une question se pose, considérant que le climat n’est qu’une variable dans l’évolution des écosystèmes : <strong>La performance d’un bâtiment ne doit-elle être qu’énergétique ?</strong></p>
<p>A titre d’exemple, la Chine est régulièrement montrée du doigt pour la croissance de ses émissions de GES. Pourtant, l’efficacité énergétique des bâtiments en Chine est une priorité, notamment dans le développement des villes du Nord du pays ; de nombreux efforts ayant déjà été réalisés dans la lutte contre le réchauffement climatique.</p>
<p>Le secteur du bâtiment représente aujourd’hui 27,6% de la consommation énergétique de la Chine (2). Ce chiffre comprend le chauffage, l’éclairage, la ventilation et la climatisation (3). Réduire les émissions de GES du secteur du bâtiment, en complément de ceux du transport, est naturellement devenu une priorité stratégique pour le pays.<br />
Depuis plus de 20 ans, le gouvernement fait évoluer la règlementation afin d’obliger les nouvelles constructions à être de moins en moins énergivores. A titre d’exemple, une norme à été mise en place en 1986 afin de réduire de 30% la consommation énergétique des nouvelles constructions par rapport à celles construites 5 ans plus tôt. Depuis 2001 en outre, des projets visant essentiellement la maîtrise de l&#8217;énergie dans le secteur résidentiel sont soutenus par l&#8217;ADEME et le FEEM dans le nord du pays qui représente plus d&#8217;un tiers de la consommation énergétique des bâtiments.</p>
<p>En revanche, le constat concernant <strong>l’efficacité des bâtiments</strong>, et ceci à l’échelle mondiale, demeure le même : elle ne porte que sur le volet énergétique des bâtiments.</p>
<p>Si l’un des enjeux majeurs de notre siècle est la <strong>réduction des émissions de gaz à effet de serre</strong>, qu’en est-il des autres enjeux ? L’article « <a title="L'interpendance du batiment a la biodiversite - Synergiz" href="http://www.synergiz.fr/interdependance-du-batiment-a-la-biodiversite/" target="_blank">L’interdépendance du bâtiment à la biodiversité</a> » par exemple, met en exergue les relations d’un bâtiment à la diversité biologique qui l’entoure et de laquelle il dépend (ex. matériaux de construction), et comment il peut influer sur elle. De nombreuses autres problématiques pourraient être soulevées, comme <strong>l’éducation des usagers des bâtiments à l’adoption de comportements économes en ressources dans leur vie quotidienne ; la gestion des flux autres qu’énergétiques</strong> (déchets alimentaires, produits d’entretiens, etc.) ; ou encore<strong> l’emplacement et l’agencement des constructions</strong> au cœur des villes en matière d’intégration sociale des habitants, et les <strong>enjeux d’économie de quartier</strong> (4).</p>
<p>Il devient donc urgent que les acteurs du bâtiment et l’ensemble des parties prenantes de l’aménagement urbain prennent conscience de l’impact réel d’un habitat individuel, d’un immeuble, d’un quartier, d’une ville et des infrastructures interurbaines. Les différents enjeux sont intimement liés. A quand des labels qui indiqueront <strong>la performance d’un bâtiment, calculée à partir de son impact global sur la société</strong>, tant sur les plans environnementaux et économiques que sociaux ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p>Sources :</p>
<p>(1) En théorie, moins le bâtiment consomme d’énergie (sous ententu « énergie fossile »), moins il émet de gaz à effet de serre.<br />
(2) <a title="Chine, réglementation construction et réduction de la consommation énergétique" href="http://www.reglementation-environnement.com/19468-chine-reglementation-construction-reduction-consommation- energetique.html" rel="nofollow" target="_blank"><span class="Actu_Article_Bloc"><span class="Actu_Article_Titre">Chine, réglementation construction et réduction de la consommation énergétique</span></span></a><br />
(3) <a title="Efficacité énergétique des bâtiments en Chine : un enjeu de taille" href="http://www.novethic.fr/novethic/v3/article.jsp?id=110565" rel="nofollow" target="_blank">Efficacié énergétique des bâtiments en Chine : un enjeu de taille</a><br />
(4) <a title="L'economie de quartier" href="http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/article.php3?id_article=43" rel="nofollow" target="_blank">L’économie de quartier</a></p>
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		<title>L’interdépendance du bâtiment à la biodiversité</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Mar 2009 13:01:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecosystèmes urbains]]></category>
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		<description><![CDATA[La biodiversité peut être définie comme la dynamique des interactions des systèmes vivants dans des milieux en changement. Pour Alain Pavé (2007) (4), “une des caractéristiques fondamentales des systèmes vivants est leur capacité à l’auto-organisation en structures emboîtées de plus en plus complexes sur le plan structurel : génomes, cellules, organes, organismes, populations, communautés et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La biodiversité peut être définie comme la <strong>dynamique des interactions des systèmes vivants dans des milieux en changement</strong>. Pour Alain Pavé (2007) (4), “une des caractéristiques fondamentales des systèmes vivants est leur capacité à l’auto-organisation en structures emboîtées de plus en plus complexes sur le plan structurel : génomes, cellules, organes, organismes, populations, communautés et écosystèmes”.</p>
<p><strong>Une des causes majeures d’érosion de la biodiversité est l’urbanisation galopante</strong>. Les secteurs de la construction et des infrastructures (et leurs clients) sont directement responsables de la conversion et de la fragmentation des écosystèmes, <strong>concourant ainsi parfois à l’extinction d’espèces</strong> (populations, communautés), en particulier celles aux répartitions géographiques restreintes. Or, les attentes sociales pour enrayer ces tendances deviennent de plus en plus importantes.</p>
<p>En utilisant le cadre méthodologique développé pour l’<strong>Indicateur d’Interdépendance de l’Entreprise à la Biodiversité</strong> (IIEB), nous avons cherché à analyser les <strong>interactions entre un bâtiment et la biodiversité</strong>. Composé de 23 critères, l’IIEB est un outil de sensibilisation, d’auto-évaluation, proposé par Orée et la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) dans un guide pour « intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises » (Houdet, 2008) (3). Il permet à toute organisation, entreprise, collectivité, association ou administration, d’évaluer sa propre perception de son interdépendance à la biodiversité. Les critères sont regroupés en 5 groupes (voir le guide Orée &#8211; FRB pour une présentation détaillée et 24 auto-évaluations) :</p>
<ul>
<li>Groupe 1 : critères en lien direct avec le monde vivant</li>
<li>Groupe 2 : critères liés aux marchés actuels</li>
<li>Groupe 3 : critères liés aux impacts sur le monde vivant</li>
<li>Groupe 4 : critères liés à la restitution à la biodiversité (compensation pour dommages)</li>
<li>Groupe 5 : critères liés aux enjeux stratégiques</li>
</ul>
<p>Le pentagramme ci-dessous présente les résultats de notre évaluation, à partir d’une échelle comprenant quatre classes : (a) négligeable : 1, (b) peu important : 2, (c) relativement important : 3 et (d) très important : 4. Chaque point sur le pentagramme correspond à la moyenne des évaluations pour le groupe de critères correspondant.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl id="attachment_335" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2009/03/interdependance_batiment_biodiversité.png"><img class="size-full wp-image-335" title="interdependance_batiment_biodiversité" src="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2009/03/interdependance_batiment_biodiversité.png" alt="Interdépendance du bâtiment à la biodiversité" width="470" height="290" /></a> </dt>
</dl>
</div>
<p><img class="alignnone" src="http://www.synergiz/Blog/wp-content/uploads/2009/03/interdependace_batiment_biodiversite" alt="" /></p>
<p>Dans l’analyse, nous avons considéré un bâtiment hypothétique sur l’ensemble de son cycle de vie : conception, construction, utilisation par les usagers (qu’ils soient propriétaires ou locataires, ménages ou personnes morales comme les entreprises ou les collectivités), démolition / réhabilitation. Les résultats ainsi obtenus nous permettent de présenter des premières pistes de réflexion. Les liens directs du bâtiment avec le monde vivant semblent très importants (dépendance en termes de matières premières et de services écosystémiques). De même, la biodiversité apparaît capitale pour le bâtiment sous l’angle des critères « impacts » (paysage, espèces, pollutions, fragmentation des habitats) et « stratégiques » (pression sociale, communication externe, culture, nouveaux marchés) ; relativement moins en revanche en matière de « compensation » (dans le cadre réglementaire et au-delà).</p>
<p>Au final, les interactions avec la biodiversité ne se limitent pas aux impacts liés aux choix d’implantation d’un bâtiment ou à sa phase de construction (destruction d’un milieu). Nous, humains, interagissons avec le monde vivant sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. Les conséquences qui en découlent pour la viabilité des écosystèmes et de leurs composantes biologiques peuvent s’avérer négatives et / ou positives, tout dépend de leur nature.<br />
Pour illustrer ces interactions, on peut prendre l’exemple des critères en lien direct avec le vivant. Pendant les phases de conception (choix architecturaux influençant les besoins en ressources) et de construction, la dépendance aux matériaux issus du monde vivant (poutres et parquets en bois, matériaux isolants, toitures en chaume) est considérable. De même, pendant la phase d’usage des bâtiments, nous consommons nombre de ressources renouvelables : produits alimentaires, mobiliers en bois, plantes d’ornements et animaux de compagnie. Enfin, les produits pétroliers et dérivés servent dans toutes les étapes du cycle de vie d’un bâtiment : objets et matériaux plastiques, transport des marchandises et personnes, produits de consommation et leurs emballages.<br />
Autres exemples, cette fois-ci en termes de gestion des écosystèmes urbains et de dépendance aux services écosystémiques (critères 1.2, 1.4, 1.5 et 1.6 de l’IIEB) :</p>
<ul>
<li>le fonctionnement des écosystèmes locaux, régionaux ou globaux, influence la disponibilité (dans l’espace et le temps) de l’ensemble des matières premières usitées pour la construction;</li>
<li>les écosystèmes influencent également la vie de tous les jours au sein des bâtiments, notamment en termes de régulation du climat (température, pluviométrie) ;</li>
<li>les services culturels que les humains dérivent des écosystèmes (espaces verts urbains, proximité de forêts) conditionnent l’intérêt que l’on porte à un bâtiment, et donc son prix sur le marché immobilier (situation géographique);</li>
<li>enfin, la présence de structures artificielles et imperméables influencent le fonctionnement des écosystèmes : plus la densité du bâtit est élevée, plus l’influence des structures urbaines sur la résilience de l’écosystème dans lequel ces dernières s’insèrent est importante.</li>
</ul>
<p>S’intéresser au bilan écologique d’un bâtiment par l’intermédiaire de l’IIEB a permis de <strong>mettre en évidence les lacunes quand à la prise en compte des enjeux écosystémiques par les acteurs concernés</strong>. Parmi bien d’autres, nous pouvons mentionner (a) les impacts en matière de biodiversité liés à l’extraction ou / et la production des matières premières, (b) la quasi-absence de mesures compensatoires suite à l’artificialisation et à l’imperméabilisation des sols (sans même parler du contrôle « indépendant » de leur efficacité écologique), ou encore (c) l’absence de label intégrant les enjeux de biodiversité ; ce dernier nécessitant à la fois transparence et traçabilité des informations pour que l’ensemble des acteurs de la vie urbaine puissent les prendre en compte sur l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment. L’implication des entreprises et des collectivités dans ces nouveaux enjeux est essentielle pour la construction d’un bilan écosystémique « élargi » des bâtiments ainsi que pour la mise en place de modes de coordination des acteurs efficaces pour faire évoluer les pratiques (mesures incitatives et dissuasives, <a href="http://www.synergiz.fr/quels-liens-entre-crise-financiere-et-crise-de-la-biodiversite-et-des-ecosystemes-vers-une-fiscalite-fondee-sur-les-consommations-de-nature-pour-sauver-le-capitalisme/">basculement de la fiscalité</a>). Dans cette optique, adapter cette évaluation de l’interdépendance d’un bâtiment à la biodiversité à la comparaison de projets immobiliers pourrait s’avérer particulièrement intéressant, à la fois pour identifier les « meilleures » pratiques et favoriser la diffusion des innovations.</p>
<p>S’intéresser essentiellement à l’efficacité énergétique et au non gaspillage des ressources est particulièrement réducteur du point de vue des écosystèmes auxquels nous appartenons. Nous partageons nos espaces urbains avec un nombre relativement élevés d’espèces avec lesquelles nous co-évoluons (pigeons, moineaux, chiens, chats, cafards, etc.). Ne pourrait-on pas concevoir des espaces urbains sans perte nette de « zones vivantes », peut-être même enrichis en biodiversité ? Sur les toits, les espaces verts, les cours d’eau, au cœur des nos jardins et appartements ? Evidemment, cela impliquerait de repenser fondamentalement l’architecture des bâtiments, l’agencement et la nature des espaces entre bâtiments (espaces verts et jardins sont en général isolés par des barrières artificielles), voiries pour les humains et les « non-humains », pour reprendre l’expression de Philippe Descola (2005) (2). Concrètement, il nous faudra investir individuellement et collectivement dans de nouveaux comportements et modes de vie : traitement des eaux usées par des associations de plantes et de microorganismes indigènes pour chaque bâtiment, agriculture de proximité, etc. Pourquoi ne pas développer une agriculture urbaine comme à Cuba ? On produit déjà du miel à Paris !</p>
<p>l y a peu de risque à parier que <strong>l’intégration de la biodiversité dans la construction sera un critère majeur dans un futur proche</strong>, aussi bien en termes de compensation des impacts que de la manière par laquelle la biodiversité serait intégrée à la phase d’utilisation et de fin de vie des bâtiments. Comme proposé par Barbault (2006) (1), le défi n’est autre que de « faire équipe avec la vie ». Mettre en place des continuités écologiques au sein des espaces urbanisés en sera une composante majeure. Cela nécessitera une coopération proactive des parties prenantes (propriétaires, locataires, collectivités, promoteurs immobiliers, constructeurs). Gageons, suite aux engagements du <a href="http://www.legrenelle-environnement.fr/IMG/pdf/SyntheseG2.pdf" rel="nofollow" target="_blank">Grenelle de l’Environnement</a>, que la mise en place d’une trame verte et bleue à l’échelle de la France y contribuera.</p>
<p>Références :</p>
<ol>
<li>Barbault, R., 2006. Un éléphant dans un jeu de quilles. L’homme dans la biodiversité. Seuil, Paris.</li>
<li>Descola, P., 2005. Par-delà nature et culture. Editions Gallimard, Paris.</li>
<li>Houdet, J., 2008. Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises. Le Bilan Biodiversité des organisations. FRB – Orée, Paris ; <a href="http://www.synergiz.fr/integrer-la-biodiversite-dans-les-strategies-des-entreprises-le-bilan-biodiversite-des-organisations/www.oree.org" rel="nofollow" target="_blank">www.oree.org</a> ; <a href="http://www.synergiz.fr/integrer-la-biodiversite-dans-les-strategies-des-entreprises-le-bilan-biodiversite-des-organisations/www.fondationbiodiversite.fr%20" target="_blank">www.fondationbiodiversite.fr </a></li>
<li>Pavé, A., 2007. La nécessité du hasard. Vers une théorie synthétique de la biodiversité. EDP Sciences, Les Ulis.</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>La construction d’indicateurs de développement durable dans le contexte de l’aménagement urbain (Article 2/3)</title>
		<link>http://www.synergiz.fr/construction-d-indicateurs-de-developpement-durable-et-amenagement-urbain/</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Jun 2008 08:08:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Germaneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Dossier Indicateurs du développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[développement durable]]></category>
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		<description><![CDATA[Suite à l’article précédent, qui s’intéresse aux utilisateurs, la forme et à la pertinence des indicateurs de développement durable, nous nous attachons ici à leur construction. Le processus de construction d’un indicateur implique d’identifier les besoins auxquels il doit répondre, de s’accorder sur les critères de qualité, et de prévoir les niveaux et les méthodes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à <a href="../les-indicateurs-du-developpement-durable-pour-qui-sous-quelle-forme-et-quel-degre-de-pertinence-article-n%c2%b013/" target="_blank">l’article précédent</a>, qui s’intéresse aux utilisateurs, la forme et à la pertinence des <strong>indicateurs de développement durable</strong>, nous nous attachons ici à leur construction.</p>
<p>Le processus de construction d’un indicateur implique d’identifier les besoins auxquels il doit répondre, de s’accorder sur les critères de qualité, et de prévoir les niveaux et les méthodes de mesure. Afin d’illustrer cet article, nous ferons référence principalement au label Haute Qualité Environnementale (HQE), utilisé en France dans la construction de bâtiments.</p>
<h4>1. S’accorder sur le contexte de mise en place de l’indicateur</h4>
<p>Deux éléments essentiels sont à identifier en premier lieu : <strong>les utilisateurs de l’indicateur</strong> et <strong>les besoins</strong> auxquels il doit répondre. De ces deux éléments va pouvoir découler la suite du processus de construction de l’indicateur (Levrel, 2007). A titre d’exemple, le label HQE est un indicateur composite, synthétisant plusieurs indicateurs relatifs notamment à la gestion de l’eau et de l’énergie. Il s’adresse, d’une part, au maître d’œuvre qui utilise les différents indicateurs composant le label pour s’assurer que le bâtiment sera conforme aux exigences de ce dernier. Il s’adresse, d’autre part, au maître d’ouvrage du bâtiment. Enfin ilest un gage d’écoresponsabilité aux yeux des clients potentiels (investisseurs, locataires) qui s’intéressent au label HQE, sans pour autant comprendre les indicateurs qui le composent.</p>
<p>On voit bien dans cet exemple la multiplicité des utilisateurs et des besoins.</p>
<p><strong>L’indicateur doit s’appuyer sur un langage commun</strong> pour permettre la compréhension et l’adhésion des différentes catégories d’utilisateurs. La mise en place d’un tel langage nécessite la participation de représentants de ces catégories d’utilisateurs, idéalement suivant un principe de démocratie technique. Chacun contribue à l’élaboration du langage par l’apport de ses connaissances, qu’elles soient tacites (connaissances issues de l’expérience sur le terrain) ou explicites (notion d’expertise) (Levrel, 2007). On retrouve, autour de la construction du label HQE, des utilisateurs tels que des maîtres d’œuvre, maîtres d’ouvrage, experts, entreprises et organismes de conseils, qui ont collaboré dans la mise en place d’un langage commun : les fameuses 14 cibles dudit label. L’ensemble de ces acteurs fédérés autour d’objectifs communs forme ce que Levrel (2007) appelle une communauté d’intérêt.</p>
<p>La construction d’un indicateur doit passer par <strong>l’identification des dimensions</strong> qui constituent l’idée d’origine de l’indicateur (Boulanger, 2004). L’indicateur est-il lié à une dimension plutôt environnementale, sociale, ou économique ? Au sein de chacune de ces dimensions, quelles « sous dimensions » le constituent ? A titre d’exemple, le label HQE présente à la fois une dimension environnementale (éco-construction), qui inclut une sous-dimension associée à la gestion des ressources utilisées (choix des matériaux) et une dimension sociale, recouvrant des notions de santé et de bien-être.</p>
<p>Une fois identifiées, ces dimensions sont décomposées en variables, certaines étant conservées en tant qu’indicateurs individuels ou agrégées en un indicateur composite , parce qu’elles répondent aux besoins initialement identifiés (Boulanger, 2004).</p>
<h4>2. S’accorder sur les critères de qualité</h4>
<p>L’étape précédente permet de déterminer les besoins, les utilisateurs, le langage commun et une liste de indicateurs jugés pertinents. Afin de la valider, les indicateurs doivent répondre à certains critères de qualité (1).</p>
<p><strong>La fonction de l’indicateur doit répondre aux besoins de l’utilisateur</strong>. Si un indicateur peut répondre aux besoins de plusieurs types d’utilisateurs, il peut donc avoir plusieurs fonctions. L’indicateur « gestion de l’eau » du label HQE est composé de plusieurs indicateurs. L’un d’entre eux s’intéresse à la gestion de la rétention d’eaux pluviales en évaluant le débit de fuites et est utile pour le maître d’œuvre. L’utilisateur final, quant à lui, s’intéressera plus particulièrement à des indicateurs qui lui parlent, comme l’estimation de la consommation annuelle en eau potable.</p>
<p>Une fois l’aspect fonctionnel réglé, <strong>la forme de l’indicateur doit être adaptée à son utilisateur</strong>. Les indicateurs peuvent prendre plusieurs formes : cartes, codes couleurs, graphes, tableaux, indices, entre autres. Il est important que la forme choisie soit adaptée à la capacité de compréhension de celui qui en aura l’utilité. L’information doit être facilement interprétée.<br />
<em></em></p>
<p>La construction de l’indicateur suit idéalement une méthode précise sur laquelle les participants doivent s’accorder préalablement. Elle est associée à plusieurs types de travaux, répartis entre plusieurs types d’acteurs, et <strong>les</strong> <strong>rôles de chacun doivent être parfaitement définis</strong>. A titre d’exemple, l’association HQE a mis en place un centre de ressources permettant la collecte des informations nécessaires aux référentiels liés au label HQE. En d’autres termes, les travaux à effectuer pour la construction d’un indicateur sont de natures diversifiées, et peuvent inclure la collecte d’informations, le calcul de statistiques, la concertation, ou encore la validation par des experts (Levrel, 2007).</p>
<h4>3. Prévoir les systèmes de mesures</h4>
<p>Il s’agit à ce niveau de déterminer les mesures des indicateurs, individuels ou composites, finalement retenus. Choisis en fonction des besoins des utilisateurs et répondant à certains critères de qualité, il faut ensuite déterminer :</p>
<ul>
<li>leur <strong>niveau de précision</strong>. <em>Plusieurs test sont-ils réalisés afin d’évaluer le niveau de fiabilité des données récoltées ?</em></li>
<li>le <strong>niveau d’exactitude</strong> entre la théorie et la réalité. <em>Les outils utilisés pour effectuer certaines mesures, sont-ils les mieux adaptés aux objets mesurés ?</em></li>
<li>les <strong>échelles spatiales et temporelles</strong> dans lesquels les indicateurs seront mesurés (Boulanger, 2004).</li>
</ul>
<p>Dans l’idéal, les indicateurs composant un indicateur synthétique utilisent des unités de mesure identiques. Si cela n’est pas le cas, ces indicateurs doivent être convertis dans la même unité de mesure, de manière à exprimer efficacement l’indicateur final. Pour le label HQE, l’indicateur « gestion des déchets d’activités » est composé d’indicateurs exprimés en m<sup>3</sup>, kg / an, % ou encore en « échelle qualitative ». Parvenir à l’indicateur final exprimé sur une échelle comprise entre « base » et « très performant », implique donc un niveau certain de perte d’information.</p>
<p>En conclusion, l’identification d’un besoin initial va guider le processus de construction d’un indicateur en vue de l’adapter à la capacité de compréhension de son ou de ses utilisateur(s), dans un contexte précis. Un indicateur « final » étant généralement composé de plusieurs autres indicateurs plus spécifiques, et destinés à plusieurs catégories d’utilisateurs, la naissance d’une communauté d’intérêt est essentielle dans la définition d’un langage commun qui contribuera à assurer l’évolution et l’avenir d’un outil d’aide à la décision.</p>
<p>Voir l&#8217;article suivant : &laquo;&nbsp;<a title="Quels indicateurs pour quel développement durable" href="http://www.synergiz.fr/quels-indicateurs-pour-quel-developpement-durable/" target="_self">Quels indicateurs pour quel développement durable ?</a>&nbsp;&raquo;</p>
<hr />
<p>Source :<br />
Boulanger, P.-M., 2004. Les indicateurs du développement durable : un défi scientifique, un enjeu démocratique. Institut pour un développement durable, Belgique.<br />
Harold Levrel, 2007. Quels indicateurs pour la gestion de la biodiversité. <a href="http://www.gis-ifb.org/documentation/les_publications_de_l_ifb/les_cahiers_de_l_ifb" rel="nofollow" target="_blank">Les cahiers de l’IFB</a>.</p>
<p>(1) A titre de comparaison, les critères de qualité de l’<a title="Site de l'OCDE" href="http://www.oecd.org" rel="nofollow" target="_blank">OCDE</a>, concernant les indicateurs de développement durable sont les suivants :</p>
<ul>
<li>pertinence : adéquation entre outil et besoin de l’utilisateur</li>
<li>précision : proximité entre valeur estimée et valeur vraie</li>
<li>actualité et ponctualité : échéances décisionnelles</li>
<li>accessibilité des données et clarté de leur forme</li>
<li>comparabilité des données</li>
<li>cohérence : relative à la méthode de standardisation des données et aux interprétations des données</li>
</ul>
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