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	<title>Synergiz &#187; écosystème</title>
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	<description>Réconcilier économie et biodiversité</description>
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		<title>TEEB : Guide pour la gestion des villes &#8211; TEEB Manual for cities</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Sep 2011 09:49:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Germaneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecosystèmes urbains]]></category>
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		<description><![CDATA[TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity) et ICLEI (Local Governments for Sustainability) se sont associés pour réaliser un guide pour la gestion des villes : &#171;&#160;TEEB Manual for cities : Ecosystem services in urban management&#171;&#160;. Ce rapport s&#8217;appuie à la fois sur les rapports TEEB précédents et sur le programme &#171;&#160;Action locale pour la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity) et ICLEI (Local Governments for Sustainability) se sont associés pour réaliser un <strong>guide pour la gestion des villes</strong> : &laquo;&nbsp;<em>TEEB Manual for cities : Ecosystem services in urban management</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Ce rapport s&#8217;appuie à la fois sur <a title="Rapports TEEB" href="http://www.teebweb.org/InformationMaterial/TEEBReports/tabid/1278/Default.aspx" target="_blank">les rapports TEEB précédents</a> et sur le programme &laquo;&nbsp;Action locale pour la biodiversité&nbsp;&raquo;  (<a title="Local Action for Biodiversity" href="http://www.iclei.org/index.php?id=lab" target="_blank">LAB &#8211; Local Action for Biodiversity</a>) mené par ICLEI et l&#8217;UICN, afin de proposer un <strong>guide spécifiquement adapté à la gestion urbaine</strong>.</p>
<p>Le guide est divisé en trois sections suivantes :</p>
<ul>
<li><strong>Section 1</strong> : Introduction aux services écosystémiques et aux villes</li>
<li><strong>Section 2</strong> : Comment intégrer les services écosystémiques dans les politiques et prises de décisions &#8211; L&#8217;approche étape par étape du TEEB</li>
<li><strong>Section 3</strong> : Appliquer l&#8217;approche étape par étape à la gestion des villes</li>
</ul>
<p>L&#8217;approche étape par étape décrite dans le guide consiste en 6 étapes suivantes :</p>
<div>
<ul>
<li>Spécifier et s&#8217;accorder, avec les parties prenantes, sur la question du problème ou de la politique</li>
<li>Identifier les services écosystémiques les plus pertinents qui peuvent aider à résoudre le problème ou une question de politique</li>
<li>Déterminer quelle information est nécessaire et sélectionner les méthodes d&#8217;évaluation</li>
<li>Évaluer (les changements futurs dans) les services écosystémiques</li>
<li>Identifier et comparer la gestion / options politiques</li>
<li>Évaluer les impacts des options politiques sur l&#8217;ensemble des parties prenantes</li>
</ul>
<div>Ces étapes sont décrites et illustrées par des exemples principalement issus de la gestion de la ville de Cape Town (Afrique du Sud).</div>
</div>
<div>
<p><a href="http://www.teebweb.org/Portals/25/Documents/TEEB_Manual_for_Cities_Ecosystem_Services_for_Urban_managment___FINAL_2011.pdf"><img class="size-full wp-image-925  alignleft" title="TEEB Manual for Cities" src="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2011/09/TEEBICLEIcover.png" alt="TEEB Manual for Cities : Ecosystem Services in urban management" width="134" height="192" /></a></p>
<p>Télécharger le guide <em><a title="TEEB Manual for Cities : Ecosystem Services in urban management" href="http://www.teebweb.org/Portals/25/Documents/TEEB_Manual_for_Cities_Ecosystem_Services_for_Urban_managment___FINAL_2011.pdf" target="_blank">TEEB Manual for cities : Ecosystem services in urban management</a></em> (Pdf &#8211; 48 pages &#8211; 4,7Mo)</p>
</div>
<div><em>Source : http://www.teebweb.org/</em></div>
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		<item>
		<title>Entreprises, biodiversité et services écosystémiques. Quelles interactions et stratégies ? Quelles comptabilités ?</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Nov 2010 15:51:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Germaneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entreprise et biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Outils]]></category>
		<category><![CDATA[Bilan biodiversité]]></category>
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		<category><![CDATA[Joël Houdet]]></category>
		<category><![CDATA[services écosystémiques]]></category>
		<category><![CDATA[Thèse]]></category>

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		<description><![CDATA[Joël Houdet, Président de Synergiz, a soutenu sa thèse de doctorat en Sciences de Gestion à 10h30 le 18 octobre 2010 au siège de AgroParisTech (bourse CIFRE financée par Veolia Environnement et l’ANRT). Pour télécharger la thèse: Entreprises, biodiversité et services écosystémiques. Quelles interactions et stratégies ? Quelles comptabilités ? (Pdf 16Mo). Pour télécharger la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Joël Houdet, Président de Synergiz, a soutenu sa thèse de doctorat en Sciences de Gestion à 10h30 le 18 octobre 2010 au siège de AgroParisTech (bourse CIFRE financée par Veolia Environnement et l’ANRT).</p>
<p>Pour télécharger la thèse: <a title="Thèse Joël Houdet Entreprises, Biodiversité et services ecosystémiques" href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/These_JHoudet_2510.pdf">Entreprises, biodiversité et services écosystémiques. Quelles interactions et stratégies ? Quelles comptabilités ?</a> (Pdf 16Mo).</p>
<p>Pour télécharger la <a href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2010/11/PTT_Soutenance_1809.pdf">Présentation thèse Entreprise, biodiversité et services écosystémiques</a> (Pdf 3Mo).</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Les membres du jury :</strong></span></p>
<p>M. Bruno DAVID, Directeur de Recherche, UMR 5561, CNRS Examinateur</p>
<p>M. Denis GASQUET, Directeur Général, Veolia Propreté Examinateur</p>
<p>Mme Nathalie FRASCARIA-LACOSTE, Professeur, UMR 8079, AgroParisTech Examinateur M. Jacques RICHARD, Professeur, UMR 7088, Université Paris-Dauphine Rapporteur</p>
<p>M. Michel TROMMETTER, Directeur de Recherche, UMR 1215, INRA Directeur de thèse</p>
<p>M. Jacques WEBER, Directeur de Recherche, CIRAD Rapporteur</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Résumé:</strong></span></p>
<p>Depuis quelques années, les entreprises subissent des pressions grandissantes pour mitiger leurs impacts sur la biodiversité. Notre thèse a pour objectif de leur proposer de nouveaux cadres conceptuels et outils pour réconcilier économie et écologie. Dans la première partie, nous analysons les comportements stratégiques des firmes par rapport à leurs interactions avec la biodiversité et les services écosystémiques (BSE). Si ces derniers sont souvent perçus comme sources de contraintes, notamment réglementaires, nous soulignons les multiples intérêts pour l’entreprise d’une gestion fine de son interdépendance au monde vivant. Dans la seconde partie, nous nous intéressons aux innovations nécessaires à l’émergence de dynamiques de co-viabilité entre firmes et biodiversité, et, en particulier, à la construction de nouveaux indicateurs. Deux axes de travail complémentaires sont explorés.</p>
<p>Via plusieurs études de cas, nous formalisons tout d’abord un cadre de comptabilité analytique pour gérer les interactions de l’entreprise avec les BSE. Ensuite, nous présentons les fondements conceptuels d’une comptabilité visant à rendre compte aux parties prenantes de la performance des entreprises en matière de BSE, vers la normalisation d’un Bilan Biodiversité. Si la généralisation de ce dernier nécessiterait des travaux supplémentaires, soulignons que son institutionnalisation conduirait à produire les systèmes d’informations clefs au basculement des régulations sur les consommations de nature, vers la mobilisation d’outils économiques permettant à la fois de rendre couteuses les dégradations de BSE et de rentabiliser les pratiques qui leurs seraient favorables.</p>
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		<item>
		<title>La biodiversité et les services écosystémiques au cœur de la comptabilité des entreprises</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 07:47:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Equipe Synergiz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entreprise et biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Etude de cas]]></category>
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		<description><![CDATA[Le cas de l’usine de traitement des eaux BWB à Berlin. Après une année où tous les regards ont porté sur les changements climatiques, avec en décembre dernier la conférence de Copenhague pour paroxysme, 2010 sera l’année de la biodiversité. Les attentions se focaliseront cette fois-ci sur les outils à mobiliser pour stopper son érosion [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le cas de l’usine de traitement des eaux BWB à Berlin.</em></p>
<p>Après une année où tous les regards ont porté sur les changements climatiques, avec en décembre dernier la conférence de Copenhague pour paroxysme, 2010 sera l’année de la biodiversité. Les attentions se focaliseront cette fois-ci sur les outils à mobiliser pour stopper son érosion mondialisée.</p>
<p>Soucieuses de répondre aux attentes de leurs parties prenantes dans ce contexte, de nombreux acteurs du secteur privé poursuivent leurs réflexions sur l’intégration de la biodiversité dans leur stratégie d’entreprise.</p>
<p>C’est notamment le cas de Veolia Environnement qui s’est intéressée, en collaboration avec <a href="http://www.oree.org/">Orée</a>, aux liens entre les activités d’une usine de traitement des eaux à Berlin (BWB<a href="#_ftn1">[1]</a>) et la biodiversité et  les services écosystémiques (BSE), cela d’un point de vue comptable. Cette étude de cas<a href="#_ftn2">[2]</a> a été réalisée dans le cadre de la phase 2 du groupe de travail «<em> Intégrer la biodiversité dans la stratégie des entreprises </em>» qui a pour objectif l’élaboration d’une comptabilité analytique en matière de BSE.</p>
<p>S’appuyant sur une partie des travaux de Houdet et al. (2009)<a href="#_ftn3">[3]</a> portant sur la comptabilité (analytique et de reporting) en matière de changements de biodiversité et de services écosystémiques,  l’étude de cas a cherché à identifier les liens comptables entre les coûts et revenus de la station d’épuration et les BSE. Pour cela, les auteurs ont identifié (a) les flux de matières issus de la biodiversité utilisés par l’entreprise (achetés ou obtenus gratuitement) et (b) les services écosystémiques qui influencent ses activités et sont influencés par celles-ci.</p>
<p>Fort du constat que l’essentiel des coûts de production reposent sur la gestion des interactions entre micro-organismes pour l’épuration des eaux usées et le traitement des boues (biomasse morte de micro-organismes), l’étude souligne les pistes de réflexion en matière d’élaboration d’une stratégie d’entreprise cherchant à valoriser, en milieu périurbain, des pratiques favorables à la fois à la biodiversité et à un grand nombre de services écosystémiques simultanément. On peut alors parler de la promotion de l’hétérogénéité, la variabilité et la complexité des systèmes vivants au cœur de l’innovation technologique et organisationnelle, notamment via :</p>
<ol>
<li>des techniques d’ingénierie écologique<a href="#_ftn4">[4]</a> complémentaires (ou substituant) les infrastructures industrielles classiques pour traiter les eaux polluées issues ;</li>
<li>une gestion écologique des espaces fonciers gérés par l’entreprise (dont promotion de corridors écologiques) ;</li>
<li>l’intégration au cœur des termes contractuels liant l’entreprise à la collectivité locale (Land de Berlin) de nouveaux critères de performance dédiés à la biodiversité et aux services écosystémiques.</li>
</ol>
<hr size="1" />
<p><a href="#_ftnref1">[1]</a>Berliner Wasser Betriebe est une entreprise  publique berlinoise de traitement des eaux. Veolia Environnement en est actionnaire à 49,9%.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> “Accounting for Biodiversity and Ecosystem Services From a Management Accounting Perspective”, Gaël Gonzalez and Joël Houdet, Orée, 2009 &#8211; <a href="http://www.oree.org/docs/case-study-veolia-oree.pdf">http://www.oree.org/docs/case-study-veolia-oree.pdf</a></p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Joël Houdet, Charlotte Pavageau, Michel Trommetter, Jacques Weber, 2009. Accounting for Changes in Biodiversity and Ecosystem Services From a Business Perspective – Preliminary Guidelines towards a Biodiversity Accountability Framework. Novembre 2009, Ecole Polytechnique, CNRS, Cahier N°2009-44 &#8211; <a href="http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/43/44/50/PDF/2009-44.pdf">http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/43/44/50/PDF/2009-44.pdf</a></p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Voir notamment les travaux menés par GAIE, le Groupe d’application de l’ingénierie des écosystèmes créé en 2006 ; http://www.ingenierie-ecologique.org/ .</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Vers une classification internationale commune des services écosystémiques</title>
		<link>http://www.synergiz.fr/vers-une-classification-internationale-commune-des-services-ecosystemiques/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2009 17:22:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosystèmes urbains]]></category>
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		<description><![CDATA[L’Agence Européenne de l’Environnement a lancé une consultation sur l’élaboration d’une classification internationale commune des services écosystémiques (CICES &#8211; Common International Classification for Ecosystem Services), notamment pour le développement d’une comptabilité économique et environnementale intégrée. Dans ce contexte, un groupe de travail composé d’une trentaine d’experts internationaux s’est réuni pour la deuxième fois du 2 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’Agence Européenne de l’Environnement a lancé une consultation sur l’élaboration d’une classification internationale commune des services écosystémiques (CICES &#8211; Common International Classification for Ecosystem Services), notamment pour le développement d’une comptabilité économique et environnementale intégrée. Dans ce contexte, un groupe de travail composé d’une trentaine d’experts internationaux s’est réuni pour la deuxième fois du 2 au 4 décembre 2009 à Copenhague.</p>
<p>Le forum dédié aux échanges sur le sujet sera ouvert jusqu’en février 2010 : <a href="http://www.cices.eu/">www.cices.eu</a></p>
<p>Ces travaux pourraient avoir d’importantes conséquences en termes de gestion des services écosystémiques au sein des écosystèmes urbains, en particulier pour la planification territoriale et les politiques d’achats et de subventions des collectivités.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Publication du rapport du CAS &#171;&#160;L’économie de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.synergiz.fr/publication-du-rapport-du-cas-l%e2%80%99economie-de-la-biodiversite-et-des-services-lies-aux-ecosystemes/</link>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2009 04:20:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le rapport sur « l’économie de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes » du Centre d’Analyse Stratégique (CAS) a été présenté le mercredi 29 avril 2009 par Bernard Chevassus-au-Louis, président du Groupe de travail du CAS, en présence de Jean-Louis Borloo (Ministre d’état), Nathalie Kosciusko-Morizet (Secrétaire d&#8217;État chargée de la prospective et du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le rapport sur « l’économie de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes » du <a href="http://www.strategie.gouv.fr/">Centre d’Analyse Stratégique</a> (CAS) a été présenté le mercredi 29 avril 2009 par Bernard Chevassus-au-Louis, président du Groupe de travail du CAS, en présence de Jean-Louis Borloo (Ministre d’état), Nathalie Kosciusko-Morizet (Secrétaire d&#8217;État chargée de la prospective et du développement de l&#8217;économie numérique, auprès du Premier ministre), Chantal Jouanno (Secrétaire d’Etat à l’Ecologie) et Pavan Sukhdev (« Study leader » pour l’étude <a href="http://ec.europa.eu/environment/nature/biodiversity/economics/" rel="nofollow">TEEB</a>).<br />
Ce rapport a deux objectifs principaux : « (1) réaliser une présentation et une analyse critique des méthodes utilisables pour estimer des valeurs économiques de la biodiversité et des services écosystémiques et (2) appliquer ces méthodes aux écosystèmes présents sur le territoire national, afin de fournir des &#8216;valeurs de référence&#8217; pouvant être utilisées en particulier dans l’évaluation socioéconomique des investissements publics ». Pour cela, le rapport distingue la biodiversité « remarquable » de la biodiversité « générale » ou « ordinaire », et approche de manière différenciée leur évaluation économique.</p>
<p>D’un côté, la biodiversité remarquable correspond à des entités (gènes, espèces, habitats, paysages) que la société a identifiées comme ayant une valeur intrinsèque, laquelle serait fondée principalement sur des valeurs autres qu’économiques. Pour celle-ci, le rapport considère qu’il n’est aujourd’hui ni crédible – en termes de fiabilité et de pertinence des estimations – ni opportun – en termes d’insertion dans des débats mobilisant de nombreuses valeurs – de proposer des valeurs de référence ; cela principalement pour des causes d’imprécisions quant aux méthodes d’estimation directe (limites associées aux perceptions des citoyens déclarant leurs préférences). En d’autres termes, ces évaluations sont à mobiliser uniquement de manière subsidiaire dans les débats autour de la préservation de ces entités.</p>
<p>De l’autre, le rapport s’intéresse aux éléments de biodiversité n’ayant pas de valeur intrinsèque mais qui, par leur abondance et leurs multiples interactions entre eux, contribuent à des degrés divers au fonctionnement des écosystèmes et, ainsi, aux services dont nous bénéficions gratuitement. Cette biodiversité ordinaire est évaluée indirectement à partir de l’évaluation économique de ces services. Au-delà des controverses sur les hypothèses choisies (ex. proportionnalité entre ampleur de services écosystémiques et fluctuations de biodiversité), le rapport repose sur plusieurs cas concrets, en particulier celui des forêts tempérées, en examinant en quoi l’utilisation de ces valeurs peut influer sur des changements d’usage du territoire. Il explicite les questions de nature procédurale qui se posent, tant dans l’élaboration que dans l’utilisation des valeurs de référence, pour que cette approche soit considérée comme recevable par les parties prenantes.</p>
<p>En appliquant cette démarche, le groupe a abouti à quelques valeurs de référence, en particulier celle de la valeur moyenne à accorder aux écosystèmes forestiers métropolitains, à savoir 970 euros par hectare et par an (soit environ 35 000 euros par hectare en valeur totale actualisée), avec une fourchette pouvant varier de 500 à 2 000 euros par hectare et par an selon, en particulier, la fréquentation récréative ou touristique et le mode de gestion de l’écosystème. Une valeur minimale de l’ordre de 600 euros par hectare et par an est également proposée pour les prairies utilisées de manière extensive. Seules des valeurs d’usage de services écosystémiques liés à la biodiversité générale, aujourd’hui monétarisables d’une manière robuste, sont usitées, si bien que le Groupe considère que les estimations proposées sont des estimations à minima, qui peuvent donc sans conteste remplacer dès maintenant la valeur nulle utilisée pour la biodiversité dans le calcul socioéconomique, notamment dans l’évaluation de projet (analyse coûts – bénéfices), et potentiellement la comptabilité nationale (valeur du patrimoine naturel).</p>
<p>Cela pourrait avoir des implications intéressantes pour la fiscalité du foncier, en particulier en zone périurbaine, notamment pour favoriser le non-bâti riche en biodiversité et promouvoir une urbanisation prenant en compte les continuités écologiques. Comme le cite <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/4859715-des-propositions-fiscales-pour-preserver-la-biodiversite.htm" rel="nofollow">un article du journal Les Echos</a>, le rapport indique que « Le statut du patrimoine naturel n&#8217;est toujours pas équivalent à celui du patrimoine culturel »: la fiscalité sur le foncier non bâti pénalise toujours les écosystèmes riches qui ne rapportent rien. « Il conviendrait que les frais de restauration et d&#8217;entretien des espaces naturels protégés soient déductibles du revenu global (avec un plafond) et non des seuls revenus foncier et que les zones humides puissent être exonérées de taxe foncière sur les propriétés non bâties », estime le rapport qui suggère également de créer des mécanismes de paiement pour le maintien ou l&#8217;amélioration des services écosystémiques.</p>
<p>En revanche, ces valeurs ne pourront pas être utilisées dans le cadre de démarches de compensation pour dommages écologiques. Ces dernières doivent avant tout se fonder sur des approches non monétaires, dîtes d’équivalences écologiques entre entités détruites et compensées. On notera aussi que la frontière entre biodiversité ordinaire et remarquable n’est pas figée mais bien évolutive, en fonction des personnes et de leurs cultures, ce qui ne devrait pas faciliter les choses sur le terrain. Ces deux points soulignent bien le cadre restrictif dans lequel ces évaluations monétaires peuvent s’appliquer.</p>
<hr />
<p>Sources :</p>
<p>(1) Chevassus-au-Louis, B., et al. (2009). Evaluation économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes : contribution à la décision publique. Rapport du CAS, Paris.<br />
<a href="http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=980" rel="nofollow">http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=980</a><br />
(2) <a href="http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport_chevassus-au-louis_valeur_biodiversite_7284.php4" rel="nofollow">http://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport_chevassus-au-louis_valeur_biodiversite_7284.php4</a><br />
(3) <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/4859715-des-propositions-fiscales-pour-preserver-la-biodiversite.htm" rel="nofollow">http://www.lesechos.fr/info/france/4859715-des-propositions-fiscales-pour-preserver-la-biodiversite.htm</a></p>
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		<title>L’aménagement urbain aux frontières de l’Europe</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Dec 2008 15:39:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Germaneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecosystèmes urbains]]></category>
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		<description><![CDATA[De nombreuses agglomérations d’Europe sont implantées de part et d’autres de frontières européennes. Leurs problématiques communes, tant sur le plan économique, que social, environnemental ou encore culturel, donnent lieu aujourd’hui au lancement du projet URBACT GECT : Groupement Européen de Coopération Transfrontalière (1). Ce projet doit faire ses preuves dans la mise en place de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De <strong>nombreuses agglomérations d’Europe sont implantées de part et d’autres de frontières européennes</strong>. Leurs problématiques communes, tant sur le plan économique, que social, environnemental ou encore culturel, donnent lieu aujourd’hui au lancement du projet URBACT GECT : Groupement Européen de Coopération Transfrontalière (1). Ce projet doit faire ses preuves dans la mise en place de<strong> systèmes de gouvernance des zones urbaines transfrontalières</strong>.</p>
<p>Le 19 novembre dernier, le Parlement Européen a accueillit 140 participants provenant de 15 pays, pour le lancement du projet EGTC, dirigé par le MOT (2) dans le cadre du programme européen URBACT II (3).<br />
Le projet EGTC se fixe trois objectifs :</p>
<ul>
<li>Soutenir les agglomérations transfrontalières dans la <strong>définition de leurs modèles de gouvernance</strong></li>
<li>Identifier les <strong>bonnes pratiques</strong></li>
<li>Favoriser <strong>l’échange d’expérience</strong> au niveau européen</li>
</ul>
<p>Il vise à contribuer à un d<strong>éveloppement durable des agglomérations transfrontalières</strong>, à une meilleure coordination de part et d’autres des frontières, tant sur le plan local, national que européen, et à l’incitation des citoyens à s’impliquer dans le développement de la stratégie de gouvernance des zones urbaines transfrontalières.</p>
<p>Ce ne sont pas moins de 60 agglomérations, identifiées en Europe, qui sont concernées par ce projet et qui peuvent désormais s’affranchir de la frontière qui les sépare, en faisant preuve d’innovation pour aller au-delà des barrières nationales (langues, histoire, culture, institutions, politique, droit). Pour cela, le projet GECT, qui s’achèvera en mai 2010, vise à devenir un outil de cohérence territoriale pour les zones urbaines particulièrement proches les unes des autres, et qui, demain, pourraient s’émanciper de leurs pays respectifs.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://urbact.eu/en/header-main/our-projects/map-of-the-projects/"><img class="aligncenter size-full wp-image-357" title="Agglomérations_partenaires_Urbact" src="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/12/Agglomérations_partenaires_Urbact1.png" alt="Agglomérations_partenaires_Urbact" width="500" height="417" /></a><em>(Carte des agglomérations partenaires du projet URBACT GECT (4))</em></p>
<p>Outre la volonté de voir émerger des recommandations européennes de gouvernance, le projet GECT ambitionne de développer une méthodologie commune de mise en place de systèmes de gouvernance des agglomérations transfrontalières. Dans l’idéal, des plans d’actions concrets de gouvernance locale entre agglomérations de part et d’autres des frontières verront le jour avant la fin du projet.</p>
<p>Ce projet ambitieux concerne aujourd’hui les agglomérations séparées par des frontières européennes. Si la méthodologie, telle qu’annoncée voit le jour, pourquoi ne serait-elle pas transposable à des échelles nationales ? Chaque Etat européen est divisé en régions et sous-régions. A titre d’exemple, la France est divisée en 22 régions, elles-mêmes divisées en plusieurs départements. Chacune de ces zones est délimitée par des frontières, donnant lieu à des politiques locales, des niveaux socio-économiques différents et variables, ou encore des spécificités culturelles telles que des langues régionales.</p>
<p>Au niveau national, le besoin de repenser les villes dans la perspective qu’elles deviennent des <strong>espaces de vie respectueux de la biodiversité et des écosystèmes</strong> implique que ces mêmes espaces puissent se coordonner les uns avec les autres. Et cela doit se faire sans les barrières politico-administratives. Par exemple les connexions inter-urbaines et la trame verte et bleue (5), doivent être pensées de part et d’autres des frontières régionales.</p>
<p>De manière plus générale, dans le développement de ce projet, il s’avère nécessaire d’être vigilant quant aux <strong>possibles déséquilibres territoriaux</strong> des espaces non concernées (c’est-à-dire non financés par le projet) ainsi qu’à <strong>la manière dont sont prises en compte les différences culturelles</strong>. Par rapport au second point, coordonner des populations, pour la plupart liées par les similitudes parfois géographiques ou historiques, mais éloignées par leurs cadres politiques, sociaux et culturels actuels, n’est pas chose aisée. Ce qui pourrait les réunir serait peut-être les écosystèmes dans lesquels elles évoluent. Pourquoi la base de la coordination entre les zones urbaines, initialement séparées par des frontières, qu’elles soient européennes ou régionales, ne passerait pas par une réflexion commune sur la manière la plus cohérente de se développer ensemble dans une perspective de viabilité des écosystèmes et d’amélioration de la qualité de vie ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>Références et Sources :</p>
<p>(1) En anglais : EGTC, European Grouping of Territorial Conurbations<br />
(2) MOT : Mission Opérationnelle Transfrontalière<br />
(3) le programme URBACT II (2007-2013) a pour principaux objectif de développer les échanges entre villes, disséminer les connaissances à travers l’Europe et concevoir les politiques urbaines de demain. <a title="Programme Européen URBACT" href="http://urbact.eu/" rel="nofollow" target="_blank">http://urbact.eu/</a>.<br />
(4) Carte des agglomérations partenaires :<br />
<a title="Agglomérations européennes partenaires du projet EGTC" href="http://www.espaces-transfrontaliers.org/EUROMOT/URBACT/Map_Urbact_EGCT_07_10.pdf" rel="nofollow" target="_blank">http://www.espaces-transfrontaliers.org/EUROMOT/URBACT/Map_Urbact_EGCT_07_10.pdf</a><br />
(5) <a title="Trame Verte" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trame_verte" rel="nofollow" target="_blank">http://fr.wikipedia.org/wiki/Trame_verte</a></p>
<p>Pour aller en savoir plus sur le projet URBACT GECT :<br />
<a title="Description du projet Urbact EGTC en français" href="http://www.espaces-transfrontaliers.org/MOT_urbact.html" rel="nofollow" target="_blank">http://www.espaces-transfrontaliers.org/MOT_urbact.html</a><br />
<a title="Abstract du projet EGTC" href="http://www.espaces-transfrontaliers.org/EUROMOT/URBACT/EGTC_BASELINE_STUDY_Abstract.pdf" rel="nofollow" target="_blank">http://www.espaces-transfrontaliers.org/EUROMOT/URBACT/EGTC_BASELINE_STUDY_Abstract.pdf</a><br />
<a title="Programme Européen URBACT" href="http://urbact.eu/" rel="nofollow" target="_blank">http://urbact.eu/</a><br />
<a title="Description du projet Urbact EGTC en anglais" href="http://urbact.eu/thematic-poles/sustainable-urban-development/working-groups/egtc/presentation.html" rel="nofollow" target="_blank">http://urbact.eu/thematic-poles/sustainable-urban-development/working-groups/egtc/presentation.html</a></p>
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		<title>Quels liens entre crise financière et crise de la biodiversité et des écosystèmes ? Vers une fiscalité fondée sur les consommations de nature pour sauver le capitalisme.</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Dec 2008 11:57:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Selon un récent article du quotidien Le Monde, le sommet du G20 à Washington (14 – 15 novembre 2008), en appelant à une relance économique, via une réforme de la surveillance financière mondiale et des institutions internationales, illustre deux conceptions très différentes de l’économie et de la finance. En particulier, quel modèle de développement voulons-nous? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon un <a title="Crise financière - Le Monde" href="http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/15/un-g20-d-attente_1118946_1101386.html" rel="nofollow" target="_blank">récent article du quotidien Le Monde</a>, le sommet du G20 à Washington (14 – 15 novembre 2008), en appelant à une relance économique, via une réforme de la surveillance financière mondiale et des institutions internationales, illustre deux conceptions très différentes de l’économie et de la finance. En particulier, quel modèle de développement voulons-nous? Selon l’article, Nicolas Sarkozy appelle depuis des semaines à une refondation du capitalisme. Les Américains ne veulent pas en entendre parler. “Cette crise n’est pas l’échec de l’économie de marché. Et la réponse n’est pas de réinventer ce système“, avait lancé le président George Bush à la veille de la réunion. Il a enfoncé le clou vendredi : “Tous nos pays doivent rejeter les appels au protectionnisme, au collectivisme et au défaitisme face aux défis présents“, a expliqué M. Bush, qui voulait que soit fait mention de l’objectif de conclure d’ici à la fin de l’année le cycle de libéralisation commerciale de Doha, en dépit des réticences françaises.</p>
<p>Or, comme le souligne un <a title="Communiqué de presse - Fondation Nicolas Hulot" href="http://www.fondation-nicolas-hulot.org/actualite/presse/doc/CPSommet-du-G20.pdf" rel="nofollow" target="_blank">récent communiqué de presse de la Fondation Nicolas Hulot</a>, « La <strong>crise économique </strong>ne pourra pas être résolue en appliquant les vieilles recettes. Placer la question écologique au cœur de la réponse qui sera discutée à Washington est une condition <em>sine qua none </em>d’une relance économique durable et socialement équitable. La crise actuelle est d’abord le produit de la surexploitation de la nature, qu’une simple relance de la consommation aggraverait.» précise Nicolas Hulot. « Les <strong>crises écologiques et climatiques</strong>, fondements réels de la crise actuelle, peuvent conduire à un effondrement économique et social. Nicolas Hulot et les experts de sa fondation appellent le président Sarkozy à faire de ce sujet le point central du sommet du G20. »</p>
<p>L’innovation technologique, organisationnelle et institutionnelle actuelle érige l’uniformité biologique au rang de modèle absolu (<a title="Résumé exécutif du guide FRB- Orée" href="http://www.oree.org/docs/publications/resume-executif-guideintegrerlabiodiv.pdf" rel="nofollow" target="_blank">résumé exécutif</a> du guide FRB – Orée pour « <a href="http://www.fondationbiodiversite.fr/Documents_files/GuideEntreprisesBiodiversite.pdf">Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises</a> » ; Houdet, 2008). Les entreprises et l’ensemble des agents économiques, dont les consommateurs et pouvoirs publics, partagent la responsabilité d’une uniformisation du monde vivant qui se globalise. <a title="Projet Biosphère 2" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Biosph%C3%A8re_II" rel="nofollow" target="_blank">Biosphère 2</a>, expérience chiffrée à environ 200 Millions d’US$ sur une surface d’à peine 1,27 hectare, cherchait à évaluer la faisabilité de la construction d’un écosystème artificiel pour la colonisation spatiale. L’échec du projet souligne notre incapacité à recréer un écosystème artificiel viable pour nous héberger durablement. On comprend alors qu’uniformiser la biodiversité s’apparente à un véritable suicide social et économique. Combien coûterait la reconstruction de la forêt amazonienne, un des principaux poumons de la planète, après son uniformisation biologique (monocultures de soja ou de cannes à sucre, les unes pour l’industrie agroalimentaire, les autres productrices d’agrocarburants), dans toute sa complexité et sa diversité afin que nous puissions continuer à en tirer des services écologiques (cycle de l’eau, production d’oxygène, régulation du climat) ?</p>
<p>En réponse à la <strong>crise financière actuelle </strong>(et à l’imminente récession mondiale), si on ne co-construit pas une évaluation écosystémique de la performance des organisations, des produits et des services, on court le risque d’un retour à des modèles économiques non viables pour « renouer avec la croissance ». Mais de quelle croissance parlons-nous ? Quelle croissance voulons-nous ? Sur la base d’investissements uniformisant la biodiversité, ces modèles pourraient s’avérer rentables à court terme pour leurs mandants. En jonglant avec une palette diversifiée d’outils spéculatifs visant à diluer les risques et à se détacher d’une économie « réelle » en interdépendance étroite avec la biodiversité, l’actionnariat mondialisé n’en supporterait pas les coûts socio-écologiques, du moins dans l’immédiat. Ces coûts, aux conséquences parfois irréversibles, seraient transmis aux générations futures ; celles qui, demain, travailleront, cotiseront pour leurs retraites, épargneront et emprunteront pour entreprendre, en lien étroit avec le monde de la finance.</p>
<p>Selon la note de synthèse (1) de la Fondation Nicolas Hulot remise à Nicolas Sarkozy le <a href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&amp;mode=view&amp;cat_id=8&amp;press_id=2005" rel="nofollow" target="_blank">6 novembre dernier </a>à l’Elysée, « le système financier repose sur la création de raretés comme sources de profits. L’opportunité est là, de refonder la finance mondiale sur la seule rareté objective et croissante, celle du « capital naturel » : ressources épuisables, minerais, énergies fossiles, eau fossile ; ressources renouvelables surexploitées, espèces sauvages, sols, forêts naturelles, diversité du vivant, services écologiques, dont les humains bénéficient comme d’un « don de la nature ». (…) En refondant la finance sur la rareté croissante de capital naturel, on redonne à l’activité économique son rôle d’allocation optimale de ressources rares. On lui redonne aussi la noble tâche de gérer les relations entre humains à propos des choses, dont les choses de la nature. (…) Dans le système capitaliste, la création de profit est le moteur de l’action. Le marché est supposé favoriser l’allocation optimale de ressources rares. La rareté nouvelle de moyens financiers pourrait donner l’illusion qu’il s’agit de LA rareté sur laquelle refonder un nouveau système mondial. Or c’est bien les ressources de la nature qui se raréfient. Il va falloir reconstruire tout le système de régulation économique mondial. »</p>
<h4>Sauver le capitalisme : vers une fiscalité mondiale fondée sur les consommations de nature</h4>
<p>Selon Dahle Oystein, ancien vice président d’Exxon pour la Norvège, « le socialisme s’est effondré parce qu’il n’autorisait pas le marché à dire la vérité économique. Le capitalisme pourrait s’effondrer parce qu’il ne permet pas au marché de dire la vérité écologique ». Une innovation technique ou institutionnelle peut être favorable à un entrepreneur dans le long terme, mais il n’y a souvent aucune garantie qu’elle le soit à court terme. Les entreprises ne sauraient trouver une pleine logique à réintégrer leurs stratégies et activités au cœur des écosystèmes tant qu’il n’en coûte rien, au moins de façon visible et à court terme, de les détruire ou d’uniformiser leurs composantes biologiques (<a href="http://www.natureparif.fr/Documentations/guideoreecomplet/Guide%20oree%20et%20frb.pdf" rel="nofollow" target="_blank">Houdet, 2008</a>).</p>
<p>L’<a title="Evaluation des ecosystèmes pour le millénaires" href="http://www.millenniumassessment.org/en/index.aspx" rel="nofollow" target="_blank">Evaluation des écosystèmes pour le millénaire</a> (Millenium Ecosystem Assessment, 2005) considère qu’il existe quatre types de capital : le capital manufacturier, le capital social, le capital humain et le capital naturel. L’essentiel de la fiscalité actuelle dans le monde porte sur le capital manufacturier et le capital humain (à travers le travail). Les experts du MEA considèrent que la crise environnementale actuelle résulte pour une grande part de ce type de régulation qui conduit à considérer que services écologiques et ressources (renouvelables ou non) sont gratuits. Ils considèrent nécessaire d’envisager dès à présent le remplacement de la taxation du capital manufacturier et du capital humain par une taxation de toutes les consommations de nature et de services écosystémiques. La Suède s’est engagée depuis 1988 dans l’introduction progressive de taxes écologiques en lieu et place de taxes existantes et à pression fiscale inchangée. Un tel basculement, qui peut sembler irréaliste, tant il devrait être mondialement discuté et coordonné, serait pourtant l’un des moyens les plus sûrs d’inciter l’activité économique dans un sens favorable au maintien, voire l’accroissement, de la diversité biologique et à un développement durable renouant avec le plein emploi. Tout, en particulier l’actuelle crise financière mondiale, concourt à un changement profond des modes de régulation.</p>
<p>Toujours selon la note de synthèse (1) de la Fondation Nicolas Hulot, « l’occasion est là d’organiser très vite une révolution de nos procédés de production et de modes de consommation pour qu’ils deviennent de plus en plus économes de ressources. Les compétences humaines et techniques sont là mais des investissements importants sont nécessaires. Or leur rentabilité, calculée avec les conventions actuelles, est insuffisante puisque l’on ne donne pas une valeur au capital naturel consommé. Pourtant un profit important peut résulter de la maintenance du capital naturel si le bénéfice de celle-ci se substitue au coût de l’inaction (envisagé à 7% du PIB mondial à l’horizon 2030 &#8211; <a title="Rapport TEEB" href="http://ec.europa.eu/environment/nature/biodiversity/economics/pdf/teeb_report_fr.pdf" rel="nofollow" target="_blank">Rapport TEEB</a>)…. S’il n’est pas de système financier concevable sans recherche d’un profit légitime, il est par contre possible de construire le système d’incitations qui rendra profitable de contribuer à la pérennité du capital naturel. On assure ainsi un capitalisme qui tire profit du maintien de la viabilité de la planète et des sociétés qui l’habitent. (…) Concernant le changement climatique, le système européen d’échanges de permis d’émissions préfigure ce type de régulation. C’est l’opportunité de le généraliser pour le climat (ce qui est à l’ordre du jour du paquet climat-énergie européen et de la convention climat) et de l’élargir aux autres éléments du capital naturel. »</p>
<p>Gageons que le lancement d’un « <a href="http://www.unep.org/greeneconomy/french/" rel="nofollow" target="_blank">New Deal Ecologique Mondial</a> » par le <a title="Programme des Nations Unies pour l'Environnement" href="http://www.unep.org/french/" rel="nofollow" target="_blank">PNUE</a> (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) aille dans ce sens. Espérons également que cela soit un premier pas pour réunir l’ensemble des pays, et en particulier les Etats-Unis d’Amérique, sous l’impulsion de son nouveau Président, Barrack Obama, pour réellement sauver le capitalisme.</p>
<p><em>(1) La note de synthèse et les annexes techniques remises au Président de la République sont à votre disposition sur simple demande auprès de Manuela Lorand – Tél. : 01 41 22 10 94 – m.lorand(arobase)fnh.org.</em></p>
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		<title>La résilience des systèmes urbains</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Aug 2008 15:46:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le premier à introduire le terme de résilience en écologie fut C.S. Holling en 1973. D&#8217;autres auteurs ont utilisé ce concept en le définissant comme le temps nécessaire à un système pour retourner à un état d&#8217;équilibre stable suite à un stress ou une perturbation exogène. Au sens de Holling, la résilience renvoie à des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier à introduire le terme de <strong>résilience en écologie</strong> fut C.S. Holling en 1973. D&#8217;autres auteurs ont utilisé ce concept en le définissant comme le temps nécessaire à un système pour retourner à un état d&#8217;équilibre stable suite à un stress ou une perturbation exogène. Au sens de Holling, la résilience renvoie à des dynamiques non linéaires, aux notions de régimes alternatifs et de seuils pour passer d’un état de stabilité à un autre. Cette approche considère qu&#8217;il n&#8217;existe pas un état d&#8217;équilibre unique pour un système, quelque soit sa nature. La résilience se définit alors comme la capacité du système à résister à une perturbation avant que celui-ci ne change d&#8217;état et qu&#8217;il ne modifie en conséquence les variables et processus qui gouvernent son évolution.</p>
<p>C&#8217;est le concept privilégié par la <a href="http://www.resalliance.org/" rel="nofollow">Resilience Alliance</a> pour étudier les systèmes socio-écologiques, <strong>comme une ville, un territoire rural, un écosystème</strong>. Pour chaque état de stabilité, le système aura une organisation et des propriétés qui lui seront propres. Afin de mieux gérer le système, il s’agira d’en connaître les limites, variables de changements et états alternatifs de stabilité. On peut analyser de cette manière l’évolution historique d’une ville comme La Rochelle. Comment ont évolué les limites de l’agglomération ? Quelles variables ont contribué à son développement ou à son déclin ? De quelles limites parle-t-on ? Des limites administratives uniquement ou prend-on aussi en compte les liens tissés avec d&#8217;autres villes et avec le monde rural ? Cela renvoie à la définition de l’<strong><a href="http://www.synergiz.fr/ecosysteme-urbain-de-tianjin-en-chine/">écosystème urbain</a></strong> que l’on souhaite analyser.</p>
<p>Des facteurs internes peuvent modifier sa structure : l&#8217;adaptabilité ou capacité adaptative renvoie à la capacité d&#8217;un système à modifier sa structure et à influencer sur les variables de changement qui le gouvernent. On retrouve ici le rôle joué par les acteurs économiques, entreprises, citoyens, collectivités.</p>
<p>Bien que les propriétés d&#8217;un système soient difficilement prévisibles puisque les différents régimes de stabilité sont souvent inconnus, un schéma général de transition entre ces états a été proposé à partir d’études empiriques. Il s&#8217;agit du cycle adaptatif de la Resilience Alliance, visible sur ci-dessous.<br />
<a href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/08/Résilience_systeme_urbain.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-330" title="Résilience_systeme_urbain" src="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/08/Résilience_systeme_urbain.png" alt="Résilience_systeme_urbain" width="477" height="277" /></a></p>
<p>Le cycle adaptatif (« adaptative cycle ») est un modèle de transition entre différents états de stabilité. Il comporte quatre phases: « croissance » (phase r), « conservation » (phase K), « destruction / re-largage » (phase Ω) et « réorganisation » (phase α). La résilience du système variera à chacune de ces phases :</p>
<ol>
<li>Lors de la <em>phase r</em>, les ressources sont facilement accessibles et le système croît fortement. Une entreprise en plein essor ou une croissance urbaine nourrie par l’exode rural en sont des exemples. Pendant cette période, la résilience est importante et le système peut absorber de fortes perturbations. Bien qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une phase transitoire, sa durée peut être longue.</li>
<li>Dans la <em>phase K</em>, les ressources sont difficilement accessibles car stockées dans des entités à croissance lente, comme une bureaucratie lourde associée à de l’inertie. Durant cette période, la structure du système est très stable mais sa résilience face aux perturbations est relativement faible. Paris, par exemple, est une ville avec une croissance démographique relativement faible (en comparaison avec d’autres), composée d’institutions et d’organisations bien établies mais probablement peu adaptables. Des perturbations, à l’image de la hausse des prix des produits pétroliers combinée à des pressions sociales, exacerbées par des inégalités grandissantes (centre ville versus banlieues défavorisées), pourraient faire basculer son organisation (transports urbains, système éducatif) et ses composantes (population vieillissante au centre ville).</li>
<li>Le système peut ensuite passer rapidement à la <em>phase Ω</em>. Au cours de celle-ci, la structure construite durant les phases r et K se désorganise. L&#8217;énergie, les relations entre entités et les capitaux accumulés disparaissent aléatoirement dans le système. Face à la hausse des prix (denrées alimentaires, carburants) dans les décennies à venir, ne pourrait-on pas assister à un exode urbain, vers les zones rurales ou villes de plus petites tailles ?</li>
<li>Enfin, dans la <em>phase α</em>, on assiste à une réorganisation du système : d’anciennes relations et entités peuvent se reconstruire et de nouvelles émerger. Les limites sont faibles et le nouveau système peut englober des ensembles appartenant à d&#8217;autres systèmes. A cette période, le système est peu régulé et très instable, si bien qu’il peut facilement passer d&#8217;un régime alternatif à l&#8217;autre. Cela peut conduire au début d&#8217;un nouveau cycle adaptatif ou, au contraire, à un retour vers l&#8217;ancien.</li>
</ol>
<p>Tous les systèmes n&#8217;ont pas une transition linéaire telle que nous l&#8217;avons décrite : l&#8217;alternance entre phases peut être différente et certaines phases absentes de certains cycles, du moins à court terme. Dans les zones de conflits, d’une guerre civile étalée sur des décennies par exemple, les communautés peuvent très difficilement se réorganiser : on assiste alors à la mise en place d’un état de stabilité particulièrement résilient, résistant aux perturbations (positives ou négatives), et caractérisé par l’insécurité pour les plus vulnérables et l’absence de contrôle sur leur propre présent, à l’image de ce qui se trame au Darfour.</p>
<p>Le cycle adaptatif est un modèle particulièrement utile pour la gestion adaptative de la résilience des systèmes. Les systèmes urbains sont des espaces multipolaires au sein desquels interagissent de nombreux intérêts et acteurs. Les concepts de la résilience pourraient être particulièrement utiles pour :</p>
<ul>
<li>Mieux définir les dynamiques du système, les jeux d’acteurs et de pouvoirs, sans oublier les variables clés de changement.</li>
<li>L’état de stabilité dans lequel se situe le système urbain analysé. Est-il en phase de croissance r ou en phase de réorganisation α suite à un choc économique majeur ? On pourrait effectuer de telles analyses en s’intéressant à la fin des activités minières du Nord-est de la France au début du 20ème siècle par exemple ou encore à la révolution urbaine actuelle en Chine.</li>
<li>Les différents états de stabilité potentiels, aussi bien pour le système global que pour ses composantes, tels les foyers, entreprises, ou collectivités.</li>
<li>Les différentes forces exogènes agissant sur le système, à différents niveaux d’organisation, comme l’évolution des institutions nationales (règles et modes de coordination), et des marchés internationaux de matières premières.</li>
</ul>
<p>Dans le cadre des <strong><a href="http://www.resalliance.org/1610.php" rel="nofollow">travaux de la Resilience Alliance</a> sur la thématique urbaine depuis 2007</strong>, on retiendra l’importance de la prise en compte de <strong>l&#8217;historique du système urbain analysé</strong> ; tout simplement, pour éviter de répéter les erreurs du passé. Le défi ? Mieux piloter collectivement – gérer de manière co-adaptative – les dynamiques d’interaction entre acteurs économiques qui conditionnent l’évolution de nos <strong>écosystèmes urbains</strong> et des représentations que nous nous en faisons.</p>
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		<title>Masdar City, l’éco-efficience énergétique masque un mode de consommation mondialisé à repenser</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Aug 2008 18:58:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosystèmes urbains]]></category>
		<category><![CDATA[Ville écologique]]></category>
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		<description><![CDATA[L’article publié sur Synergblog le 12 mars 2008 propose une analyse critique de Masdar City, nouvelle cité de l’Emirat d’Abou Dhabi, située à une interface désert – océan et érigée au rang de « modèle écologique ». Les questions soulevées portaient notamment sur les deux points suivants : (a) les modes de consommation favorisés et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’article publié sur Synergblog le 12 mars 2008 propose une analyse critique de <a href="http://www.synergiz.fr/masdar-la-premiere-cite-totalement-ecologique-au-monde/">Masdar City</a>, nouvelle cité de l’Emirat d’Abou Dhabi, située à une interface désert – océan et érigée au rang de « modèle écologique ». Les questions soulevées portaient notamment sur les deux points suivants : (a) les modes de consommation favorisés et (b) la compensation pour les impacts sur la biodiversité lors de la construction de la ville. En particulier, quels modes de gestion sont associés aux écosystèmes de la planète dont tireront biens et services de consommation les quelques 50 000 habitants prévus au sein de la cité ?</p>
<p>Le <em>Financial Times</em> a récemment annoncé l’engagement d’Abou Dhabi dans un vaste projet de développement agricole dans le nord du Soudan. L’objectif est d’assurer la sécurité alimentaire de l’émirat sur plus de 28 000 hectares. Or, le Soudan est un pays dévasté par la guerre civile depuis des décennies : ses richesses naturelles font aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises, en raison à la fois de la consommation mondiale en pleine croissance et du couple « rareté des ressources non renouvelables » (pétrole) – « <em>exploitation des ressources renouvelables au-delà de leurs seuil de renouvellement » </em>(stocks de poissons).</p>
<p>Des projets similaires, sous impulsion Sud-Coréenne, Chinoise, ou encore Arabo-Saoudienne vont voir le jour en Indonésie, au Sénégal ou en Ouzbékistan&#8230; La « révolution verte » a largement contribué à accroitre les rendements de l’agriculture, en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis en particulier ; sans oublier certains pays émergents, mais souvent au détriment de la viabilité des communautés paysannes locales, les rentes agricoles ayant été appropriées par des multinationales. Cela a été possible grâce à l’intensification des pratiques et à l’usage d’amendements inorganiques. Mais ce mode de production a engendré une dégradation généralisée des écosystèmes, dont les conséquences les plus visibles renvoient à l’érosion des sols et à la pollution des eaux (Griffon, 2006). Les risques que ces nouveaux projets copient ce modèle désastreux sont élevés, d’un point de vue aussi bien économique que social pour nombre de pays en développement. En outre, le recours aux nouvelles biotechnologies soulève bien des controverses pour une partie du monde agricole : ce dernier craint une restructuration « durable » des modes de production et particulièrement une augmentation sensible de la dépendance des agriculteurs face à leurs agro-fournisseurs.</p>
<p>En Papouasie Nouvelle-Guinée (Indonésie), ce sont près de 1,6 million d’hectares de forêts primaires qui sont aujourd’hui en jeux. Il s’agit de répondre aux demandes alimentaires de ces pays émergents, sans oublier les besoins (exponentiels ?) en agrocarburants de l’ensemble de la planète (Courrier International , 1<sup>er</sup> – 20 août 2008). Or, les enjeux relatifs à leur(s) biodiversité(s) sont bien des enjeux sociaux, économiques, politiques. Selon la façon dont ces espaces et les ressources associées seraient régulés, « appropriés », des marchés pourraient renforcer les communautés indigènes, leur dignité et qualité de vie… ou, ce qui est plus vraisemblable, renforcer encore leur marginalisation par accaparement de ces droits par les détenteurs de pouvoirs, étatique, coutumier ou économique. En l’occurrence, cela concernerait les instances dirigeantes et les entrepreneurs d’Abou Dhabi dans le cas du Soudan mentionné ci-dessus.</p>
<p>Si l’éco-efficience énergétique est de nos jours « à la mode », on oublie trop souvent nos liens étroits avec le monde vivant. Dans le cas de Masdar City, il serait déplorable que les efforts engagés « au nom de la lutte contre le réchauffement climatique » ne cachent tout simplement très mal la réalité, celle d’un nouvel <a href="http://www.synergiz.fr/category/ecosystemes-urbains/">écosystème urbain </a> (un de plus ! alors que l’on ne compte plus les quartiers et immeubles qui se dégradent à travers le monde…), certes peu énergivore en comparaison à d’autres villes, mais (1) accumulateur de ressources issues de toute la planète, et surtout (2) responsable de la dégradation des écosystèmes et de l’uniformisation de la biodiversité sur des millions d’hectares. Qu’en sera-t-il pour les milliers de personnes des pays émergents qui en dépendent pour leur vie quotidienne ? Pourront-ils maîtriser leur quotidien et s’engager dans un avenir ? A quand à l’adaptation du bilan carbone à ces défis ?</p>
<p>Source :<br />
Griffon, M., 2006. Nourrir la planète. Pour une révolution doublement verte. Odile Jacob, Paris.</p>
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		<title>L’écosystème urbain de Tianjin en Chine</title>
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		<pubDate>Thu, 15 May 2008 07:42:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossier Ecosystèmes urbains]]></category>
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		<description><![CDATA[Cet article fait partie d’une série d’article basés sur l’ouvrage de Berkowitz A.R., Nilon C. H. &#38; Hollweg K.S. “Understanding urban ecosystems: A new frontier for science and education” Tianjin est la troisième plus grande ville industrielle de la Chine, avec une population de 8,4 millions, et un important port marchand. En tant que porte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.synergiz.fr/la-ville-comme-un-ecosysteme/">Cet article fait partie d’une série d’article basés sur l’ouvrage de Berkowitz A.R., Nilon C. H. &amp; Hollweg K.S. “Understanding urban ecosystems: A new frontier for science and education”</a></p>
<p><strong>Tianjin</strong> est la troisième plus grande ville industrielle de la Chine, avec une population de 8,4 millions, et un important port marchand. En tant que porte d’entrée historique sur la capitale Beijing, sa croissance n’est pas prête de ralentir, et encore moins les problèmes écologiques qui se voient progressivement accentués (ex. pollution de l’eau et de l’air, problèmes de traitement des déchets, de logement ou encore de trafic ; pour ne mentionner que ceux-ci…). Wang et Ouyang considèrent Tianjin comme un système socio-économique-naturel complexe, c’est-à-dire un <strong>écosystème artificiel dominé par des activités humaines</strong>, entretenu par les systèmes vivants et dynamisé par les processus écologiques (ex. espaces ruraux associés qui fournissent notamment des ressources alimentaires, de l’énergie et des espaces pour stocker les déchets). Le travail qu’ils ont réalisé permet de comprendre les dynamiques d’évolution de l’é<strong>cosystème de Tianjin</strong> et de fournir un outil d’aide à la décision pour les autorités locales. L’analyse de l’<strong>écosystème urbain de Tianjin</strong> s’articule autour de trois approches complémentaires :</p>
<ol>
<li>Des modèles éco-mécaniques avec pour objectif de comprendre ses dynamiques et contextes.</li>
<li>Des modèles d’éco-planning qui permettent d’identifier les frontières (cf. Tableau 2), facteurs clefs et limitatifs, mécanismes rétroactifs, flux métaboliques, etc. ; dans une optique de réaliser des simulations sur l’<strong>évolution de l’écosystème de Tianjin</strong>.</li>
<li>Des modèles d’ « éco-régulation » en termes d’innovation technologique, institutionnelle et culturelle.</li>
</ol>
<p>En termes d’éco-régulation, l’ingénierie écologique urbaine (« hardware regulation ») peut se traduire notamment par de l’innovation technologique ou du design intégratif, le management urbain écologique (« software regulation ») quand à lui par des réformes institutionnelles et, enfin, la construction d’une éco-culture (« mindware regulation ») par des changements de comportement. En outre, l’analyse est construite à partir de couplages structurels et fonctionnels :</p>
<ol>
<li>Propriétés structurelles : Hiérarchies et réseaux, composants dominants et diversité des composants, ouverture et indépendance, robustesse et flexibilité.</li>
<li>Couplages fonctionnels : Exploitation et adaptation, compétition et symbiose, prolifération et compensation, déplétion de ressources et stagnation écologique.</li>
</ol>
<p>Pour résoudre les problèmes écologiques et socio-économiques auxquels doivent faire face les autorités, Wang et Ouyang se sont intéressés aux diverses échelles spatiales et organisationnellescorrespondantes, de l’écosystème régional au niveau d’un qu(cf. Figure 1 ci-dessous).</p>
<p><a title="fig1.JPG" href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/04/fig1.JPG"></a></p>
<p><a title="fig1.JPG" href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/04/fig1.JPG"></a><a href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/05/Tianjin_ecosysteme_urbain.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-326" title="Tianjin_ecosysteme_urbain" src="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/05/Tianjin_ecosysteme_urbain.png" alt="Tianjin_ecosysteme_urbain" width="608" height="401" /></a><a title="fig1.JPG" href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2008/04/fig1.JPG"></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>(Figure 1 : Les différentes échelles spatiales ou régions de l’écosystème urbain de Tianjin)</em></p>
<ul>
<li>Région 1 : 1 million de km<sup>2</sup>, comprenant le bassin versant de la rivière Haihe et une partie de 6 provinces de la Chine du nord =&gt; espace approprié pour étudier les stratégies de développement et les impacts régionaux, économiques et écologiques.</li>
<li>Région 2 : Région administrative (8 millions d’habitats répartis sur 11 660 km<sup>2</sup>) idéale pour étudier les interactions écosystémiques urbaines et rurales.</li>
<li>Région 3 : La zone urbanisée avec 6 districts urbains, 4 districts suburbains proches, et 3 districts côtiers (4,86 million d’habitants, 3 137 km<sup>2</sup>), identifiée pour comprendre les stratégies d’industrialisation et d’urbanisation.</li>
<li>Région 4 : La zone construite avec une population de 3,8 millions d’habitants vivant dans une zone de 3 137 km<sup>2</sup>, utile pour étudier les problèmes écologiques associés avec les changements d’utilisation et d’occupation des sols, ainsi que les stratégies de rénovation urbaine.</li>
<li>Région 5 : Le quartier de Guangfudao au centre ville, avec 37 000 habitants et une surface de 1,06 km<sup>2</sup>, lieu de projets de démonstration de rénovation urbaine.</li>
</ul>
<p>En d’autres termes, les frontières de l’objet d’étude varient en fonction des tâches ou objectifs identifiés. Les acteurs locaux et décideurs ont été associés aux diverses simulations, cela afin qu’ils s’approprient l’outil, puissent le faire évoluer et en tirer des bénéfices directs pour un meilleur aménagement de l’espace écosystémique analysé. Ils ont ainsi défini eux-mêmes les facteurs et composantes clefs, les métabolismes, les interactions mutualistes, etc. Cela a notamment conduit à la réalisation d’analyses de risques et d’opportunités par rapport aux dynamiques dominantes. On mentionnera tout particulièrement l’importance accordée aux modèles d’éco-régulation par Wang et Ouyang.</p>
<p>Pour Synergiz, il est en effet instructif de noter la manière dont (1) la recherche appliquée en Chine peut influencer les choix des décideurs et (2) comment les enjeux écologiques peuvent être articulées par rapport aux problématiques sociales et économiques dans une culture non euro-centrique. En revanche, on pourrait questionner, dans le cadre de la réalité quotidienne des habitants de l’<strong>écosystème urbain de Tianjin</strong> et dans le contexte des prochains Jeux Olympiques (et controverses associées…), la manière dont les choix collectifs sont réalisés et mis en place à partir de ce type de travaux, en particulier la latitude d’action accordée aux citoyens et parties prenantes.</p>
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