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	<title>Synergiz &#187; consommation</title>
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		<title>Quelles inégalités socio-écologiques en écosystèmes urbains? L&#8217;approche de la justice environnementale.</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2009 08:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cet article est le premier d’une série de 3 articles s’appuyant sur l’appel à contribution n°9 de la Revue DD&#38;T (Développement Durable et Territoire) publié en 2007 et intitulé «Inégalités écologiques, inégalités sociales : interfaces, interactions, discontinuités?».
Selon les auteurs de l’appel à contributions, Bruno Villalba et Edwin Zaccaï, trois principales approches se rencontrent aujourd’hui pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cet article est le premier d’une série de 3 articles s’appuyant sur <a href="http://developpementdurable.revues.org/index1850.html">l’appel à contribution n°9</a> de la Revue DD&amp;T (<a href="http://developpementdurable.revues.org/index.html">Développement Durable et Territoire</a>) publié en 2007 et intitulé «<strong>Inégalités écologiques, inégalités sociales : interfaces, interactions, discontinuités?</strong>».</p>
<p>Selon les auteurs de l’appel à contributions, Bruno Villalba et Edwin Zaccaï, <strong>trois principales approches</strong> se rencontrent aujourd’hui pour traiter des inégalités écologiques : (a)  la <strong>justice environnementale</strong> – <em>objet d’analyse du présent article</em>, (b) les <strong>approches Nord-Sud</strong> (spécialement en <em>political ecology</em>) et (c) les <strong>approches territoriales et urbaines</strong>. Cette série d’articles vise à présenter brièvement différentes manières d’appréhender les inégalités écologiques et à proposer pour chacune des éléments de réflexion relatifs aux <strong>usages directs et indirects de la biodiversité et des services écosystémiques</strong> par ceux qui vivent en milieux urbains.</p>
<p>La justice environnementale trouve son origine aux Etats-Unis dans les années 1980 (Gobert, 2008). Mouvement de la société civile qui s’inscrit dans le prolongement et la filiation directe du <em>Civil Rights movement</em>, la justice environnementale a suscité de nombreuses études, la plupart dans les pays anglo-saxons (Villalba et Zaccaï, 2007). Celles-ci traitent essentiellement de <strong>nouvelles revendications</strong> des minorités et ménages à faibles revenus via la mise en évidence de <strong>système de discrimination raciale en matière d’environnement</strong> (concentration de nuisances sur des territoires déjà défavorisés, distribution inégalitaire des infrastructures « environnementales »): l’objectif était clairement d’appeler à une redistribution des équipements et infrastructures selon des modalités plus équitables (Gobert, 2008). Voulant rompre avec une vision naturaliste fondée sur la dichotomie nature – culture (Descola, 2005), les groupes de justice environnementale se démarquèrent aussi des mouvements écologistes traditionnels élitistes (communautés privilégiées – « <em>White Anglo-Saxon Protestants</em> » ou WASP) : ils ont cherché à <strong>allier </strong>la perspective de<strong> justice sociale</strong> à la revendication du <strong>droit à un environnement sain pour tous</strong>.</p>
<p>Pour Gobert (2008), « <em>plus qu’une question de justice distributive et d’équité territoriale, la justice environnementale prône surtout une meilleure intégration des minorités et ménages pauvres au processus de décision publique</em> ». La justice environnementale a ainsi permis :</p>
<ul>
<li>D’élargir la théorie rawlsienne de la justice (justice envers les plus démunis) à la sphère environnementale;</li>
<li>De s’intéresser aux vulnérabilités des populations ou des individus qui ne présentent pas tous la même capacité de résilience et de résistance aux chocs (concept de « <em><strong>capabilités </strong></em>», définit comme « <em>les diverses combinaisons de fonctionnements (états et actions) que la personne peut accomplir. La capabilité est, par conséquent, un ensemble de vecteurs de fonctionnements qui indiquent qu’un individu est libre de mener tel ou tel type de vie.</em> » ; Sen, 2000);</li>
<li>De favoriser la concertation, en encourageant les populations à s’exprimer par des stratégies d’ « <strong><em>empowerment</em> </strong>», « <em>processus par lequel un individu ou un groupe acquiert les moyens de renforcer sa capacité d’action, de s’émanciper </em>» (Bacqué, 2005);</li>
<li>De proposer une « <em>nouvelle grille de lecture des territoires car elle implique pour mettre en exergue des situations d’iniquité environnementale de croiser des données sociales, écologiques et économiques et de mettre en place de nouveaux indicateurs locaux</em> » (Gobert, 2008) ;</li>
<li>De remettre en question les politiques publiques et les stratégies industrielles car elle  oblige à la définition de nouveaux outils d’intervention et à la mise en place d’une application différenciée de leurs actions environnementales selon les territoires.</li>
</ul>
<p>Selon le Millennium Ecosystem Assessment (2005), nous tirons grand nombre de <strong>bénéfices gratuits</strong> (et indispensables) des écosystèmes, et en particulier de la <strong>biodiversité qui en constitue le moteur</strong> (voir l’article de Synerblog intitulé « <a href="http://www.synergiz.fr/interdependance-du-batiment-a-la-biodiversite/">interdépendance du bâtiment à la biodiversité</a> »). Celle-ci peut être définie comme la <em>dynamique des interactions des organismes vivants dans des milieux en changement</em>. Ces bénéfices renvoient à des <strong>services écosystémiques</strong> dont plusieurs typologies sont actuellement en compétition. Celle du MA (2005) comprend des services de provision ou d’approvisionnement (nourriture, eau, minerais, ressources génétiques), des services de régulation et de support des processus écosystémiques (climat, cycle des nutriments ou de l’eau), des services culturels (bénéfices spirituels, récréatifs). Si l’on prend réellement conscience de nos <strong>dépendances</strong> et de la <strong>nature de nos interactions</strong> avec l’ensemble de ces services écosystémiques (dont les bénéfices sont tirés localement, mais générés à partir de dynamiques écosystémiques à multiples échelles en interaction, du local au global ; Gunderson and Holling, 2002), quels en sont les <strong>implications en matière d’inégalités sociales et écologiques</strong>, sous l’angle d’analyse proposé par la justice environnementale ? A défaut d’apporter des éléments de réponse précis à cette question, nous souhaitons, en lien avec les réflexions menées par Gobert (2008), en soulever d’autres, non exhaustives, en guise de conclusion à cet article.</p>
<ul>
<li>Quelles implications des <strong>inégalités spatiales, temporelles et communautaires</strong> en matière de <em>disponibilité</em> des <em>différents services écosystémiques</em> pour leurs <strong>différentes usagers</strong> (citoyens, consommateurs, entreprises, collectivités) ?</li>
<li>Y a-t-il des <strong>ségrégations urbaines</strong> vis-à-vis de l’<strong>accès</strong> à ces différents services écosystémiques et de leurs <strong>usages</strong>?</li>
<li>Quels <strong>pouvoirs de négociation</strong> dans le cadre de la perte ou de la « création » de tels services ?</li>
</ul>
<p>En effet, l’arbitrage en faveur d’un unique service écosystémique ou de plusieurs peut engendrer des externalités négatives pour les usagers des services négligés ou exclus. Quelles implications pour la <strong>gestion collective</strong> <strong>de l&#8217;évolution des écosystèmes urbains</strong> ? Cela implique notamment des analyses approfondies en matière d’ « <em>empowerment </em>», notamment au niveau des dynamiques de co-évolution entre modes de consommation et modes de vie (habitat, transport) et de travail.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Bacqué, M.H., 2005. L’intraduisible notion d’empowerment vu au fil des politiques urbaines américaines. Territoires, Septembre, 32-35.</p>
<p>Descola, P., 2005. Par-delà nature et culture. Editions Gallimard, Paris, 604p.</p>
<p>Gobert, J., 2008. Compensation territoriale, justice et inégalités environnementales aux Etats-Unis. Espace, Populations, Sociétés 1, pp. 71-82.</p>
<p>Holling, C.S., Gunderson, L.H., 2002. Resilience and adaptive cycles. In Gunderson, L.H. and Holling, C.S. (Eds.), Panarchy: understanding transformations in human and natural systems. Island Press, Washington D.C., 25-52.</p>
<p>Laigle, L., Oehler V., 2004. Les enjeux sociaux et environnementaux du développement urbain : la question des inégalités écologiques. Final Report, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, Paris.</p>
<p>Millennium Ecosystem Assessment, 2005. Ecosystems and human well-being: synthesis. Island Press, Washington, DC.</p>
<p>Sen A., 2000, Repenser l’inégalité, Seuil, 281 p.</p>
<p>Theys J., 2000. Quand inégalités sociales et inégalités écologiques se cumulent. L’exemple du “SELA&nbsp;&raquo;. Note du CPVS n° 13, MELT-DRAST, Paris.</p>
<p>Villalba, B., Zaccaï, E., 2007. Inégalités écologiques, inégalités sociales : interfaces, interactions, discontinuités ?, Développement durable et territoires [En ligne], Dossier 9 : Inégalités écologiques, inégalités sociales, mis en ligne le 02 septembre 2007, Consulté le 09 juillet 2009. URL : <a href="http://developpementdurable.revues.org/index3502.html">http://developpementdurable.revues.org/index3502.html</a></p>
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		<title>L’interdépendance du bâtiment à la biodiversité</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Mar 2009 13:01:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Joël Houdet, Caroline Rondel et Charles Germaneau
La biodiversité peut être définie comme la dynamique des interactions des systèmes vivants dans des milieux en changement. Pour Alain Pavé (2007) (4), “une des caractéristiques fondamentales des systèmes vivants est leur capacité à l’auto-organisation en structures emboîtées de plus en plus complexes sur le plan structurel : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par Joël Houdet, Caroline Rondel et Charles Germaneau</em></p>
<p>La biodiversité peut être définie comme la dynamique des interactions des systèmes vivants dans des milieux en changement. Pour Alain Pavé (2007) (4), “une des caractéristiques fondamentales des systèmes vivants est leur capacité à l’auto-organisation en structures emboîtées de plus en plus complexes sur le plan structurel : génomes, cellules, organes, organismes, populations, communautés et écosystèmes”.<br />
<strong>Une des causes majeures d’érosion de la biodiversité est l’urbanisation galopante</strong>. Les secteurs de la construction et des infrastructures (et leurs clients) sont directement responsables de la conversion et de la fragmentation des écosystèmes, <strong>concourant ainsi parfois à l’extinction d’espèces</strong> (populations, communautés), en particulier celles aux répartitions géographiques restreintes. Or, les attentes sociales pour enrayer ces tendances deviennent de plus en plus importantes.</p>
<p>En utilisant le cadre méthodologique développé pour l’Indicateur d’Interdépendance de l’Entreprise à la Biodiversité (IIEB), nous avons cherché à analyser les <strong>interactions entre un bâtiment et la biodiversité</strong>. Composé de 23 critères, l’IIEB est un outil de sensibilisation, d’auto-évaluation, proposé par Orée et la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) dans un guide pour « intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises » (Houdet, 2008) (3). Il permet à toute organisation, entreprise, collectivité, association ou administration, d’évaluer sa propre perception de son interdépendance à la biodiversité. Les critères sont regroupés en 5 groupes (voir le guide Orée &#8211; FRB pour une présentation détaillée et 24 auto-évaluations) :</p>
<ul>
<li> Groupe 1 : critères en lien direct avec le monde vivant</li>
<li> Groupe 2 : critères liés aux marchés actuels</li>
<li> Groupe 3 : critères liés aux impacts sur le monde vivant</li>
<li> Groupe 4 : critères liés à la restitution à la biodiversité (compensation pour dommages)</li>
<li> Groupe 5 : critères liés aux enjeux stratégiques</li>
</ul>
<p>Le pentagramme ci-dessous présente les résultats de notre évaluation, à partir d’une échelle comprenant quatre classes : (a) négligeable : 1, (b) peu important : 2, (c) relativement important : 3 et (d) très important : 4. Chaque point sur le pentagramme correspond à la moyenne des évaluations pour le groupe de critères correspondant.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dl id="attachment_335" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2009/03/interdependance_batiment_biodiversité.png"></a><a href="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2009/03/interdependance_batiment_biodiversité.png"><img class="size-full wp-image-335" title="interdependance_batiment_biodiversité" src="http://www.synergiz.fr/wp-content/uploads/2009/03/interdependance_batiment_biodiversité.png" alt="Interdépendance du bâtiment à la biodiversité" width="470" height="290" /></a></p>
</dt>
</dl>
</div>
<p><img class="alignnone" src="http://www.synergiz/Blog/wp-content/uploads/2009/03/interdependace_batiment_biodiversite" alt="" /></p>
<p>Dans l’analyse, nous avons considéré un bâtiment hypothétique sur l’ensemble de son cycle de vie : conception, construction, utilisation par les usagers (qu’ils soient propriétaires ou locataires, ménages ou personnes morales comme les entreprises ou les collectivités), démolition / réhabilitation. Les résultats ainsi obtenus nous permettent de présenter des premières pistes de réflexion. Les liens directs du bâtiment avec le monde vivant semblent très importants (dépendance en termes de matières premières et de services écosystémiques). De même, la biodiversité apparaît capitale pour le bâtiment sous l’angle des critères « impacts » (paysage, espèces, pollutions, fragmentation des habitats) et « stratégiques » (pression sociale, communication externe, culture, nouveaux marchés) ; relativement moins en revanche en matière de « compensation » (dans le cadre réglementaire et au-delà).</p>
<p>Au final, les interactions avec la biodiversité ne se limitent pas aux impacts liés aux choix d’implantation d’un bâtiment ou à sa phase de construction (destruction d’un milieu). Nous, humains, interagissons avec le monde vivant sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. Les conséquences qui en découlent pour la viabilité des écosystèmes et de leurs composantes biologiques peuvent s’avérer négatives et / ou positives, tout dépend de leur nature.<br />
Pour illustrer ces interactions, on peut prendre l’exemple des critères en lien direct avec le vivant. Pendant les phases de conception (choix architecturaux influençant les besoins en ressources) et de construction, la dépendance aux matériaux issus du monde vivant (poutres et parquets en bois, matériaux isolants, toitures en chaume) est considérable. De même, pendant la phase d’usage des bâtiments, nous consommons nombre de ressources renouvelables : produits alimentaires, mobiliers en bois, plantes d’ornements et animaux de compagnie. Enfin, les produits pétroliers et dérivés servent dans toutes les étapes du cycle de vie d’un bâtiment : objets et matériaux plastiques, transport des marchandises et personnes, produits de consommation et leurs emballages.<br />
Autres exemples, cette fois-ci en termes de gestion des écosystèmes urbains  et de dépendance aux services écosystémiques (critères 1.2, 1.4, 1.5 et 1.6 de l’IIEB) :</p>
<ul>
<li> le fonctionnement des écosystèmes locaux, régionaux ou globaux, influence la disponibilité (dans l’espace et le temps) de l’ensemble des matières premières usitées pour la construction;</li>
<li> les écosystèmes influencent également la vie de tous les jours au sein des bâtiments, notamment en termes de régulation du climat (température, pluviométrie) ;</li>
<li> les services culturels que les humains dérivent des écosystèmes (espaces verts urbains, proximité de forêts) conditionnent l’intérêt que l’on porte à un bâtiment, et donc son prix sur le marché immobilier (situation géographique);</li>
<li> enfin, la présence de structures artificielles et imperméables influencent le fonctionnement des écosystèmes : plus la densité du bâtit est élevée, plus l’influence des structures urbaines sur la résilience de l’écosystème dans lequel ces dernières s’insèrent est importante.</li>
</ul>
<p>S’intéresser au bilan écologique d’un bâtiment par l’intermédiaire de l’IIEB a permis de <strong>mettre en évidence les lacunes quand à la prise en compte des enjeux écosystémiques par les acteurs concernés</strong>. Parmi bien d’autres, nous pouvons mentionner (a) les impacts en matière de biodiversité liés à l’extraction ou / et la production des matières premières, (b) la quasi-absence de mesures compensatoires suite à l’artificialisation et à l’imperméabilisation des sols (sans même parler du contrôle « indépendant » de leur efficacité écologique), ou encore (c) l’absence de label intégrant les enjeux de biodiversité ; ce dernier nécessitant à la fois transparence et traçabilité des informations pour que l’ensemble des acteurs de la vie urbaine puissent les prendre en compte sur l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment. L’implication des entreprises et des collectivités dans ces nouveaux enjeux est essentielle pour la construction d’un bilan écosystémique « élargi » des bâtiments ainsi que pour la mise en place de modes de coordination des acteurs efficaces pour faire évoluer les pratiques (mesures incitatives et dissuasives, <a href="http://www.synergiz.fr/quels-liens-entre-crise-financiere-et-crise-de-la-biodiversite-et-des-ecosystemes-vers-une-fiscalite-fondee-sur-les-consommations-de-nature-pour-sauver-le-capitalisme/">basculement de la fiscalité</a>). Dans cette optique, adapter cette évaluation de l’interdépendance d’un bâtiment à la biodiversité à la comparaison de projets immobiliers pourrait s’avérer particulièrement intéressant, à la fois pour identifier les « meilleures » pratiques et favoriser la diffusion des innovations.</p>
<p>S’intéresser essentiellement à l’efficacité énergétique et au non gaspillage des ressources est particulièrement réducteur du point de vue des écosystèmes auxquels nous appartenons. Nous partageons nos espaces urbains avec un nombre relativement élevés d’espèces avec lesquelles nous co-évoluons (pigeons, moineaux, chiens, chats, cafards, etc.). Ne pourrait-on pas concevoir des espaces urbains sans perte nette de « zones vivantes », peut-être même enrichis en biodiversité ? Sur les toits, les espaces verts, les cours d’eau, au cœur des nos jardins et appartements ? Evidemment, cela impliquerait de repenser fondamentalement l’architecture des bâtiments, l’agencement et la nature des espaces entre bâtiments (espaces verts et jardins sont en général isolés par des barrières artificielles), voiries pour les humains et les « non-humains », pour reprendre l’expression de Philippe Descola (2005) (2). Concrètement, il nous faudra investir individuellement et collectivement dans de nouveaux comportements et modes de vie : traitement des eaux usées par des associations de plantes et de microorganismes indigènes pour chaque bâtiment, agriculture de proximité, etc. Pourquoi ne pas développer une agriculture urbaine comme à Cuba ? On produit déjà du miel à Paris !</p>
<p>l y a peu de risque à parier que <strong>l’intégration de la biodiversité dans la construction sera un critère majeur dans un futur proche</strong>, aussi bien en termes de compensation des impacts que de la manière par laquelle la biodiversité serait intégrée à la phase d’utilisation et de fin de vie des bâtiments. Comme proposé par Barbault (2006) (1), le défi n’est autre que de « faire équipe avec la vie ». Mettre en place des continuités écologiques au sein des espaces urbanisés en sera une composante majeure. Cela nécessitera une coopération proactive des parties prenantes (propriétaires, locataires, collectivités, promoteurs immobiliers, constructeurs). Gageons, suite aux engagements du <a rel="nofollow" href="http://www.legrenelle-environnement.fr/IMG/pdf/SyntheseG2.pdf" target="_blank">Grenelle de l’Environnement</a>, que la mise en place d’une trame verte et bleue à l’échelle de la France y contribuera.</p>
<p>Références :</p>
<ol>
<li> Barbault, R., 2006. Un éléphant dans un jeu de quilles. L’homme dans la biodiversité. Seuil, Paris.</li>
<li> Descola, P., 2005. Par-delà nature et culture. Editions Gallimard, Paris.</li>
<li> Houdet, J., 2008. Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises. Le Bilan Biodiversité des organisations. FRB – Orée, Paris ; <a rel="nofollow" href="http://www.synergiz.fr/integrer-la-biodiversite-dans-les-strategies-des-entreprises-le-bilan-biodiversite-des-organisations/www.oree.org" target="_blank">www.oree.org</a> ; <a href="http://www.synergiz.fr/integrer-la-biodiversite-dans-les-strategies-des-entreprises-le-bilan-biodiversite-des-organisations/www.fondationbiodiversite.fr%20" target="_blank">www.fondationbiodiversite.fr </a></li>
<li> Pavé, A., 2007. La nécessité du hasard. Vers une théorie synthétique de la biodiversité. EDP Sciences, Les Ulis.</li>
</ol>
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		<title>Quels liens entre crise financière et crise de la biodiversité et des écosystèmes ? Vers une fiscalité fondée sur les consommations de nature pour sauver le capitalisme.</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Dec 2008 12:57:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Selon un récent article du quotidien Le Monde, le sommet du G20 à Washington (14 – 15 novembre 2008), en appelant à une relance économique, via une réforme de la surveillance financière mondiale et des institutions internationales, illustre deux conceptions très différentes de l’économie et de la finance. En particulier, quel modèle de développement voulons-nous? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon un <a title="Crise financière - Le Monde" rel="nofollow" href="http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/15/un-g20-d-attente_1118946_1101386.html" target="_blank">récent article du quotidien Le Monde</a>, le sommet du G20 à Washington (14 – 15 novembre 2008), en appelant à une relance économique, via une réforme de la surveillance financière mondiale et des institutions internationales, illustre deux conceptions très différentes de l’économie et de la finance. En particulier, quel modèle de développement voulons-nous? Selon l’article, Nicolas Sarkozy appelle depuis des semaines à une refondation du capitalisme. Les Américains ne veulent pas en entendre parler. “Cette crise n’est pas l’échec de l’économie de marché. Et la réponse n’est pas de réinventer ce système“, avait lancé le président George Bush à la veille de la réunion. Il a enfoncé le clou vendredi : “Tous nos pays doivent rejeter les appels au protectionnisme, au collectivisme et au défaitisme face aux défis présents“, a expliqué M. Bush, qui voulait que soit fait mention de l’objectif de conclure d’ici à la fin de l’année le cycle de libéralisation commerciale de Doha, en dépit des réticences françaises.</p>
<p>Or, comme le souligne un <a title="Communiqué de presse - Fondation Nicolas Hulot" rel="nofollow" href="http://www.fondation-nicolas-hulot.org/actualite/presse/doc/CPSommet-du-G20.pdf" target="_blank">récent communiqué de presse de la Fondation Nicolas Hulot</a>, « La crise économique ne pourra pas être résolue en appliquant les vieilles recettes. Placer la question écologique au cœur de la réponse qui sera discutée à Washington est une condition sine qua none d’une relance économique durable et socialement équitable. La crise actuelle est d’abord le produit de la surexploitation de la nature, qu’une simple relance de la consommation aggraverait.» précise Nicolas Hulot. « Les crises écologiques et climatiques, fondements réels de la crise actuelle, peuvent conduire à un effondrement économique et social. Nicolas Hulot et les experts de sa fondation appellent le président Sarkozy à faire de ce sujet le point central du sommet du G20. »</p>
<p>L’innovation technologique, organisationnelle et institutionnelle actuelle érige l’uniformité biologique au rang de modèle absolu (<a title="Résumé exécutif du guide FRB- Orée" rel="nofollow" href="http://www.oree.org/docs/publications/resume-executif-guideintegrerlabiodiv.pdf" target="_blank">résumé exécutif</a> du guide FRB – Orée pour « <a href="http://www.fondationbiodiversite.fr/Documents_files/GuideEntreprisesBiodiversite.pdf">Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises</a> » ; Houdet, 2008). Les entreprises et l’ensemble des agents économiques, dont les consommateurs et pouvoirs publics, partagent la responsabilité d’une uniformisation du monde vivant qui se globalise. <a title="Projet Biosphère 2" rel="nofollow" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Biosph%C3%A8re_II" target="_blank">Biosphère 2</a>, expérience chiffrée à environ 200 Millions d’US$ sur une surface d’à peine 1,27 hectare, cherchait à évaluer la faisabilité de la construction d’un écosystème artificiel pour la colonisation spatiale. L’échec du projet souligne notre incapacité à recréer un écosystème artificiel viable pour nous héberger durablement. On comprend alors qu’uniformiser la biodiversité s’apparente à un véritable suicide social et économique. Combien coûterait la reconstruction de la forêt amazonienne, un des principaux poumons de la planète, après son uniformisation biologique (monocultures de soja ou de cannes à sucre, les unes pour l’industrie agroalimentaire, les autres productrices d’agrocarburants), dans toute sa complexité et sa diversité afin que nous puissions continuer à en tirer des services écologiques (cycle de l’eau, production d’oxygène, régulation du climat) ?</p>
<p>En réponse à la crise financière actuelle (et à l’imminente récession mondiale), si on ne co-construit pas une évaluation écosystémique de la performance des organisations, des produits et des services, on court le risque d’un retour à des modèles économiques non viables pour « renouer avec la croissance ». Mais de quelle croissance parlons-nous ? Quelle croissance voulons-nous ? Sur la base d’investissements uniformisant la biodiversité, ces modèles pourraient s’avérer rentables à court terme pour leurs mandants. En jonglant avec une palette diversifiée d’outils spéculatifs visant à diluer les risques et à se détacher d’une économie « réelle » en interdépendance étroite avec la biodiversité, l’actionnariat mondialisé n’en supporterait pas les coûts socio-écologiques, du moins dans l’immédiat. Ces coûts, aux conséquences parfois irréversibles, seraient transmis aux générations futures ; celles qui, demain, travailleront, cotiseront pour leurs retraites, épargneront et emprunteront pour entreprendre, en lien étroit avec le monde de la finance.</p>
<p>Selon la note de synthèse (1) de la Fondation Nicolas Hulot remise à Nicolas Sarkozy le <a rel="nofollow" href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&amp;mode=view&amp;cat_id=8&amp;press_id=2005" target="_blank">6 novembre dernier </a>à l’Elysée, « le système financier repose sur la création de raretés comme sources de profits. L’opportunité est là, de refonder la finance mondiale sur la seule rareté objective et croissante, celle du « capital naturel » : ressources épuisables, minerais, énergies fossiles, eau fossile ; ressources renouvelables surexploitées, espèces sauvages, sols, forêts naturelles, diversité du vivant, services écologiques, dont les humains bénéficient comme d’un « don de la nature ». (…) En refondant la finance sur la rareté croissante de capital naturel, on redonne à l’activité économique son rôle d’allocation optimale de ressources rares. On lui redonne aussi la noble tâche de gérer les relations entre humains à propos des choses, dont les choses de la nature. (…) Dans le système capitaliste, la création de profit est le moteur de l’action. Le marché est supposé favoriser l’allocation optimale de ressources rares. La rareté nouvelle de moyens financiers pourrait donner l’illusion qu’il s’agit de LA rareté sur laquelle refonder un nouveau système mondial. Or c’est bien les ressources de la nature qui se raréfient. Il va falloir reconstruire tout le système de régulation économique mondial. »</p>
<p>Sauver le capitalisme : vers une fiscalité mondiale fondée sur les consommations de nature</p>
<p>Selon Dahle Oystein, ancien vice président d’Exxon pour la Norvège, « le socialisme s’est effondré parce qu’il n’autorisait pas le marché à dire la vérité économique. Le capitalisme pourrait s’effondrer parce qu’il ne permet pas au marché de dire la vérité écologique ». Une innovation technique ou institutionnelle peut être favorable à un entrepreneur dans le long terme, mais il n’y a souvent aucune garantie qu’elle le soit à court terme. Les entreprises ne sauraient trouver une pleine logique à réintégrer leurs stratégies et activités au cœur des écosystèmes tant qu’il n’en coûte rien, au moins de façon visible et à court terme, de les détruire ou d’uniformiser leurs composantes biologiques (<a rel="nofollow" href="http://www.natureparif.fr/Documentations/guideoreecomplet/Guide%20oree%20et%20frb.pdf" target="_blank">Houdet, 2008</a>).</p>
<p>L’<a title="Evaluation des ecosystèmes pour le millénaires" rel="nofollow" href="http://www.millenniumassessment.org/en/index.aspx" target="_blank">Evaluation des écosystèmes pour le millénaire</a> (Millenium Ecosystem Assessment, 2005) considère qu’il existe quatre types de capital : le capital manufacturier, le capital social, le capital humain et le capital naturel. L’essentiel de la fiscalité actuelle dans le monde porte sur le capital manufacturier et le capital humain (à travers le travail). Les experts du MEA considèrent que la crise environnementale actuelle résulte pour une grande part de ce type de régulation qui conduit à considérer que services écologiques et ressources (renouvelables ou non) sont gratuits. Ils considèrent nécessaire d’envisager dès à présent le remplacement de la taxation du capital manufacturier et du capital humain par une taxation de toutes les consommations de nature et de services écosystémiques. La Suède s’est engagée depuis 1988 dans l’introduction progressive de taxes écologiques en lieu et place de taxes existantes et à pression fiscale inchangée. Un tel basculement, qui peut sembler irréaliste, tant il devrait être mondialement discuté et coordonné, serait pourtant l’un des moyens les plus sûrs d’inciter l’activité économique dans un sens favorable au maintien, voire l’accroissement, de la diversité biologique et à un développement durable renouant avec le plein emploi. Tout, en particulier l’actuelle crise financière mondiale, concourt à un changement profond des modes de régulation.</p>
<p>Toujours selon la note de synthèse (1) de la Fondation Nicolas Hulot, « l’occasion est là d’organiser très vite une révolution de nos procédés de production et de modes de consommation pour qu’ils deviennent de plus en plus économes de ressources. Les compétences humaines et techniques sont là mais des investissements importants sont nécessaires. Or leur rentabilité, calculée avec les conventions actuelles, est insuffisante puisque l’on ne donne pas une valeur au capital naturel consommé. Pourtant un profit important peut résulter de la maintenance du capital naturel si le bénéfice de celle-ci se substitue au coût de l’inaction (envisagé à 7% du PIB mondial à l’horizon 2030 &#8211; <a title="Rapport TEEB" rel="nofollow" href="http://ec.europa.eu/environment/nature/biodiversity/economics/pdf/teeb_report_fr.pdf" target="_blank">Rapport TEEB</a>)…. S’il n’est pas de système financier concevable sans recherche d’un profit légitime, il est par contre possible de construire le système d’incitations qui rendra profitable de contribuer à la pérennité du capital naturel. On assure ainsi un capitalisme qui tire profit du maintien de la viabilité de la planète et des sociétés qui l’habitent. (…) Concernant le changement climatique, le système européen d’échanges de permis d’émissions préfigure ce type de régulation. C’est l’opportunité de le généraliser pour le climat (ce qui est à l’ordre du jour du paquet climat-énergie européen et de la convention climat) et de l’élargir aux autres éléments du capital naturel. »</p>
<p>Gageons que le lancement d’un « <a rel="nofollow" href="http://www.unep.org/greeneconomy/french/" target="_blank">New Deal Ecologique Mondial</a> » par le <a title="Programme des Nations Unies pour l'Environnement" rel="nofollow" href="http://www.unep.org/french/" target="_blank">PNUE</a> (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) aille dans ce sens. Espérons également que cela soit un premier pas pour réunir l’ensemble des pays, et en particulier les Etats-Unis d’Amérique, sous l’impulsion de son nouveau Président, Barrack Obama, pour réellement sauver le capitalisme.</p>
<p><em>(1) La note de synthèse et les annexes techniques remises au Président de la République sont à votre disposition sur simple demande auprès de Manuela Lorand – Tél. : 01 41 22 10 94 – m.lorand(arobase)fnh.org.</em></p>
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		<title>Masdar City, l’éco-efficience énergétique masque un mode de consommation mondialisé à repenser</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Aug 2008 19:58:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’article publié sur Synergblog le 12 mars 2008 propose une analyse critique de Masdar City, nouvelle cité de l’Emirat d’Abou Dhabi, située à une interface désert – océan et érigée au rang de « modèle écologique ». Les questions soulevées portaient notamment sur les deux points suivants : (a) les modes de consommation favorisés et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;"><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">L’article publié sur Synergblog le 12 mars 2008 propose une analyse critique de </span><a style="mso-comment-reference: JRAH_1; mso-comment-date: 20080818T2206;" href="http://www.synergiz.fr/masdar-la-premiere-cite-totalement-ecologique-au-monde/"><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">Masdar City</span></a><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Calibri;">, nouvelle cité de l’Emirat d’Abou Dhabi, située à une interface désert – océan et érigée au rang de « modèle écologique ». Les questions soulevées portaient notamment sur les deux points suivants : (a) les modes de consommation favorisés et (b) la compensation pour les impacts sur la biodiversité lors de la construction de la ville. En particulier, quels modes de gestion sont associés aux écosystèmes de la planète dont tireront biens et services de consommation les quelques 50 000 habitants prévus au sein de la cité ?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;"><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">Le <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Financial Times</em> a récemment annoncé l’engagement d’Abou Dhabi dans un vaste projet de développement agricole dans le nord du Soudan. L’objectif est d’assurer la sécurité alimentaire de l’émirat sur plus de 28 000 hectares. Or, le Soudan est un pays dévasté par la guerre civile depuis des décennies : ses richesses naturelles font aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises,<span style="color: #000000;"> en raison à la fois de la consommation mondiale en pleine croissance et du couple « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">rareté des ressources non renouvelables » </em>(pétrole) – « <em style="mso-bidi-font-style: normal;">exploitation des ressources renouvelables au-delà de leurs seuil de renouvellement » </em>(stocks de poissons)</span>. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;"><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">Des projets similaires, sous impulsion Sud-Coréenne, Chinoise, ou encore Arabo-Saoudienne vont voir le jour en Indonésie, au Sénégal ou en Ouzbékistan&#8230; <span style="mso-bidi-font-weight: bold;">La « révolution verte » a largement contribué à accroitre les rendements de l’agriculture, en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis en particulier ; sans oublier certains pays émergents, mais souvent au détriment de la viabilité des communautés paysannes locales, les rentes agricoles ayant été appropriées par des multinationales. Cela a été possible grâce à l’intensification des pratiques et à l’usage d’amendements inorganiques. Mais ce mode de production a engendré une dégradation généralisée des écosystèmes, dont les conséquences les plus visibles renvoient à l’érosion des sols et à la pollution des eaux (Griffon, 2006). Les risques que ces nouveaux projets copient ce modèle désastreux sont élevés, d’un point de vue aussi bien économique que social pour nombre de pays en développement. En outre, le recours aux nouvelles biotechnologies </span>soulève bien des controverses pour une partie du monde agricole : ce dernier craint une restructuration « durable » des modes de production et particulièrement une augmentation sensible de la dépendance des agriculteurs face à leurs agro-fournisseurs.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;"><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">En Papouasie Nouvelle-Guinée (Indonésie), ce sont près de 1,6 million d’hectares de forêts primaires qui sont aujourd’hui en jeux. Il s’agit de répondre aux demandes alimentaires de ces pays émergents, sans oublier les besoins (exponentiels ?) en agrocarburants de l’ensemble de la planète (Courrier International , 1<sup>er</sup> – 20 août 2008). Or, les enjeux relatifs à leur(s) biodiversité(s) sont bien des enjeux sociaux, économiques, politiques. Selon la façon dont ces espaces et les ressources associées seraient régulés, « appropriés », des marchés pourraient renforcer les communautés indigènes, leur dignité et qualité de vie… ou, ce qui est plus vraisemblable, renforcer encore leur marginalisation par accaparement de ces droits par les détenteurs de pouvoirs, étatique, coutumier ou économique. En l’occurrence, cela concernerait les instances dirigeantes et les entrepreneurs d’Abou Dhabi dans le cas du Soudan mentionné ci-dessus.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;"><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">Si l’éco-efficience énergétique est de nos jours « à la mode », on oublie trop souvent nos liens étroits avec le monde vivant. Dans le cas de Masdar City, il serait déplorable que les efforts engagés « au nom de la lutte contre le réchauffement climatique » ne cachent tout simplement très mal la réalité, celle d’un </span><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">nouvel <a href="http://www.synergiz.fr/category/ecosystemes-urbains/">écosystème urbain </a></span><span style="font-size: small; font-family: Calibri;">(un de plus ! alors que l’on ne compte plus les quartiers et immeubles qui se dégradent à travers le monde…), certes peu énergivore en comparaison à d’autres villes, mais (1) accumulateur de ressources issues de toute la planète, et surtout (2) responsable de la dégradation des écosystèmes et de l’uniformisation de la biodiversité sur des millions d’hectares. Qu’en sera-t-il pour les milliers de personnes des pays émergents qui en dépendent pour leur vie quotidienne ? Pourront-ils maîtriser leur quotidien et s’engager dans un avenir ? A quand à l’adaptation du bilan carbone à ces défis ? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;"><span style="font-size: small; font-family: Times New Roman;">Griffon, M., 2006. Nourrir la planète. Pour une révolution doublement verte. Odile Jacob, Paris.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
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		<title>La réforme de la fiscalité conditionne le succès de l&#8217;étiquetage écologique</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Apr 2008 10:03:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël Houdet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Modes de vie écologiques]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
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		<description><![CDATA[Actu Environnement vient de mettre en ligne un article particulièrement intéressant sur l’étiquetage écologique[i]. Abordée lors du Grenelle de l&#8217;environnement, la question de l&#8217;étiquetage de l&#8217;ensemble des produits vendus en France pourrait intégrer le projet de loi qui sera étudié au printemps. En effet, il est envisagé, qu’à partir du 1er janvier 2011, tout produit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Actu Environnement vient de mettre en ligne un article particulièrement intéressant sur l’étiquetage écologique<a title="_ednref1" name="_ednref1"></a><a title="_ednref1" href="#_edn1"><span>[i]</span></a>. Abordée lors du Grenelle de l&#8217;environnement, la question de l&#8217;étiquetage de l&#8217;ensemble des produits vendus en France pourrait intégrer le projet de loi qui sera étudié au printemps. En effet, il est envisagé, qu’à partir du 1er janvier 2011, tout produit informe le consommateur sur son contenu en carbone par voie de marquage. Quels est l’argument principal en faveur de telles mesures ? La présence d&#8217;informations environnementales devrait entraîner des modifications significatives des marchés. A terme, le consommateur pouvant comparer les produits sur la base de leur « coût écologique », l’étiquetage deviendra pour les fabricants un outil de pilotage dans la conception de futurs produits. Cependant, les modalités de mise en œuvre d&#8217;un tel projet de loi soulèvent nombre de questions. A titre d’exemple, S. Fabregat s’interroge : « Quel « prix écologique » va-t-on donner aux produits ? Un coût monétaire ? Un coût carbone ? » Le choix des critères à intégrer dans la démarche est en effet la question primordiale sous-jacente : <a title="OLE_LINK3" name="OLE_LINK3"></a>Les calculs se baseront-ils sur un seul critère (CO2) ou sur une analyse multicritères (impact sur l&#8217;eau, la biodiversité…) ? L&#8217;outil sera-t-il pertinent pour chaque classe de produit ? L&#8217;approche devra-t-elle être sectorielle ? Une fois l&#8217;outil mis en place, la coordination risque d&#8217;être longue et complexe. Pour l&#8217;entreprise, l&#8217;enjeu financier est de taille, et impliquera nécessairement des investissements non négligeables en innovation technologique et organisationnelle.</p>
<p class="MsoNormal">Aussi, pour véritablement réorienter écologiquement les modes de consommation et de production (on regrettera d’ailleurs que les services – ex. bancaires, assurances, etc. – soient a priori exclus du projet de loi), la loi, sous sa forme actuelle, est loin d’être suffisante. Il faudrait combiner les innovations technologiques (ex. étiquetage écologique, standards EDI, etc.) et organisationnelles (ex. standards logistiques, investissements dans de nouveaux types d’actifs) indispensables pour la mise en œuvre de cette traçabilité à de l’innovation institutionnelle qui inciterait à l’émergence de comportements écologiquement responsables (cf. nouveau système fiscal). En effet, il est primordial de repenser l’ensemble de la chaîne de production : de l’extraction des matières premières, en passant par les chaînes d’approvisionnement et de transformation, jusqu’aux modes de consommation et la fin de vie des produits. Pour ce faire, la réforme de notre système fiscal devient une évidence<a title="_ednref2" name="_ednref2"></a><a title="_ednref2" href="#_edn2"><span>[ii]</span></a>. Il faut associer un coût monétaire aux produits et services les plus polluants, en remplaçant les assiettes imposables traditionnelles (cf. travail, valeur ajoutée ou encore revenus / bénéfices) par de nouvelles basées sur la consommation de biens et services, avec des taux d’imposition variant en fonction de leurs impacts écologiques, tout cela dans une logique de neutralité fiscale pour les entreprises et les ménages.</p>
<hr size="1" />
<p class="MsoNormal"><a title="_edn1" name="_edn1"></a><a title="_edn1" href="#_ednref1"><span>[i]</span></a> <a href="http://www.actu-environnement.com/ae/news/etiquetage_produit_cout_environnemental_consommation_4806.php4"  rel="nofollow" target="_blank">Article de S. Fabregat</a></p>
<p class="MsoNormal"><a title="_edn2" name="_edn2"></a><a title="_edn2" href="#_ednref2"><span>[ii]</span></a> Houdet, J., 2004. Trends in Environmental Tax Reform – A review. National Environmental Law Review, No. 4, NELA</p>
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