Side-event Orée – FRB à la CdP 10 de la Convention sur la Diversité Biologique à Nagoya

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Présentation d’un nouveau rapport pour « rendre compte des dépendances et impacts en matière de biodiversité et de services écosystémiques ».

La communauté scientifique et de nombreuses associations dénoncent depuis plusieurs décennies l’érosion de la biodiversité provoquée directement ou indirectement par les entreprises. Le monde de l’entreprise n’a pourtant été officiellement invité à contribuer aux objectifs de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) qu’en 2006, lors de l’adoption de la décision VIII/17 pendant la 8ème Conférence des Parties (CdP) à Curitiba. Les entreprises ont besoin d’outils innovants pour systématiquement intégrer la biodiversité et les services écosystémiques (BSE) dans leurs processus décisionnels et activités quotidiennes. Alors que la 10ème CdP de la CDB se déroule actuellement à Nagoya en cette Année Internationale de la Biodiversité, l’absence de méthodologie standardisée pour rendre compte aux parties prenantes externes de leurs dépendances et impacts en matière de BSE constitue un des freins majeurs à la généralisation de stratégies et pratiques organisationnelles favorables au monde vivant.

Aussi, l’objectif du side-event Orée – FRB, qui a réunit environ 60 personnes le 22 octobre dernier à Nagoya, était double :

  1. présenter les principaux résultats des études de cas (Veolia Eau & LVMH) en matière de comptabilité analytique pour gérer les interactions entre entreprises, biodiversité et services écosystémiques (BSE)
  2. souligner l’importance du développement de normes comptables intégrées, combinant données financières et BSE, pour rendre compte aux parties prenantes externes des dépendances et impacts des organisations en matière de BSE.

Le rapport pour « rendre compte des dépendances et impacts en matière de biodiversité et de services écosystémiques »1 (Houdet et al., 2010) a été présenté à cette occasion. Il a pour objet de sensibiliser l’ensemble des parties prenantes sur la nécessité d’institutionnaliser des normes comptables internationales en matière de BSE. Dans cette optique, il aborde notamment:

  • Les utilisations potentielles d’indicateurs portant sur les BSE par les entreprises ;
  • Les différentes démarches comptables possibles pour rendre compte de la performance d’une organisation en matière de BSE (gestion des dépendances et impacts) ;
  • Les principes méthodologiques du Bilan Biodiversité des Organisations, cadre comptable visant à intégrer données financières et BSE pour la reddition de comptes aux parties prenantes externes ; potentiellement dans le cadre plus large de reporting intégré comme souhaité par l’International Integrated Reporting Committee3.

L’élaboration d’un tel reporting intégré données financières & BSE pourrait générer de nombreux avantages :

  • Elles répondraient aux besoins informationnels des investisseurs sur le long terme, en montrant les conséquences écosystémiques des décisions prises par les firmes ;
  • Elles reflèteraient les interactions entre les facteurs écologiques, sociaux, de gouvernance et financiers dans les décisions qui affectent la performance sur le long terme, rendant ainsi visibles les liens entre dynamiques écosystémiques et performance financière ;
  • Elles fourniraient le cadre comptable requis pour prendre systématiquement en compte les BSE dans les processus décisionnels et le reporting externe ;
  • Elles rééquilibreraient les mesures de la performance en évitant de trop se focaliser sur les performances financières à court terme ;
  • Elles fourniraient aux parties prenantes externes les données nécessaires à l’évaluation des performances organisationnelles par rapport à la gestion des dépendances et impacts en matière de BSE.

1 Houdet, J., Trommetter, M., Weber, J., 2010. Rendre compte des dépendances et impacts en matière de biodiversité et de services écosystémiques. Vers la standardisation d’un Bilan Biodiversité. Orée, 16 p. http://www.oree.org/_script/ntsp-document-file_download.php?document_id=820&document_file_id=822

2 « La mission de l’IIRC est de créer un cadre universellement accepté qui rende compte de la durabilité : un cadre qui associe informations financières, environnementales, sociales et de gouvernance dans un format clair, concis, cohérent et comparable – pour faire court, un format « intégré ». Il s’agit d’aider au développement d’informations plus complètes et plus facilement compréhensibles sur la performance globale, prospective et historique, d’une organisation, en vue de répondre aux besoins du modèle économique global émergent et durable. » Voir http://www.integratedreporting.org.

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