Planification urbaine et écosystème urbain. Un moyen de développer l’action civique et communautaire ?

Abonnement aux infos du site


Recevez gratuitement nos dernières
actualités par email.

Cet article fait partie d’une série d’articles basée sur l’ouvrage de Berkowitz A.R., Nilon C. H. & Hollweg K.S. « Understanding urban ecosystems: A new frontier for science and education ».

Le concept d’écosystème appliqué à la ville (écosystème urbain) en donne une vision dynamique et élargit les limites temporelles et spatiales de la cité au delà du simple facteur humain ou physique. Il permet d’englober l’ensemble des phénomènes naturels et humains et leurs interactions qui se déroulent au sein d’une ville. Dans un de ces précédents ouvrages(1), Anne Whiston Spirn avait montré que certains systèmes urbains avaient été construits en prenant en compte leurs environnements naturels et les processus qui s’y déroulent. Ces exemples démontraient l’utilité d’une planification urbaine conçue autour du concept d’écosystème urbain. Néanmoins, bien qu’importante, cette conceptualisation d’écosystème urbain demeure peu appliquée lors de la réalisation de projets urbains. Dans un article récent (2), Anne Whiston Spirn explique que les difficultés à réussir une planification écosystémique sont essentiellement liées à trois points cruciaux :

  1. la difficulté de percevoir la ville comme un élément du monde naturel
  2. l’existence de barrière entre les différentes disciplines scientifiques
  3. le manque d’éducation environnementale.

L’exemple de Mill creek à Philadelphie (voir ci-dessous) développé par l’auteur, nous montre comment, grâce au concept d’écosystème urbain, nous pouvons comprendre les relations de la ville avec l’environnement et devenir des citoyens engagés et responsables. Pour faciliter la réalisation de planification durable, il faut montrer au public l’importance des processus naturels dans la structuration de la ville. Il ne faut pas seulement se référer aux spécialistes du domaine mais éduquer tous les citoyens.

L’exemple de Mill creek à Philadelphie : Le quartier de Mill creek est un quartier défavorisé de l’ouest de Philadelphie. Il a été créé le long de la rivière du même nom et de sa zone d’épanchement des crues. Il a été drainé en réalisant des canalisations pour les égouts et la rivière elle-même qui se jettent plus loin au niveau de la rivière Schuylkill. Ce quartier donne à voir un paysage rempli d’immeubles ravagés, de rues excavées et de terrains vagues abandonnées. Les auteurs ont analysé que ce paysage était la conséquence non pas de phénomènes sociaux mais de l’absence d’une zone d’épanchement des crues lors d’orages importants. Ils ont ainsi réalisé un plan d’aménagement pour recréer des zones d’inondations en empêchant la destruction des bâtiments et des rues. Les autorités concernées ont refusé de voir dans l’état de délabrement du quartier un phénomène naturel. Les auteurs se sont donc tournés vers les écoles et les habitants pour expliquer le fonctionnement du processus. L’enseignement qu’ils ont fourni a créé une dynamique auprès des habitants qui, en prenant en main les projets d’aménagements, ont su convaincre les autorités du bien fondé d’une vision écosystémique du problème.

L’enseignement de la lecture des paysages (3) permet d’impliquer les citoyens dans la réalisation d’un projet de planification durable mais a également des répercussions positives dans le système éducatif en formant des étudiants plus motivés, réfléchis et ouverts aux débats.

 


Sources :

(1) Spirn, A.W. (1984) The granite garden: urban nature and human design. Basic Books, New York.
(2) Spirn, A.W. (2003) Urban ecosystems, city planning, and environmental education: Litterature, Precedents, Key Concepts, and Prospects
(3) Préconisé également par Grimm, N.B. et al. (2003) An ecosystem approach to understanding cities familiar foundation and uncharted frontiers. In Berkowitz A.R., Nilon C. H. & Hollweg K.S., Understanding urban ecosystems: A new frontier for science and education. Springer-Verlag, New York.

Un commentaire
Laisser un commentaire »

  1. c est excellent de se préoccuper de l environnement urbain. c est de plus en plus le cadre de vie quotidien des populations africaines. il y a tellement de chose a corriger et a inventer pour le bien des populations qui sont souvent ignorant des dangers qu elles courent. je suis convaincu que la gestion communautaire peut sortir nos pays africains de ces désordres urbains. si l écosystème urbain est bien gérer non seulement on luttera contre les maladies mais aussi il peut être source d emploi pour une catégorie de jeunes. nous avons besoins de plus de formation et aussi de l experience des autres pour grandir.

Laisser un commentaire