Outil d’évaluation de bâtiment écologique: LEED révisé en 2009

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L’objet du présent article est de rebondir sur celui rédigé récemment par le Wordwatch Institute qui portait sur la révision du système d’évaluation de l’impact environnemental des bâtiments le plus connu au niveau international : le LEED (Leadership in Energy and Environmental Design).

L’USGBC et le label LEED

Le standard de construction LEED est devenu la méthode d’évaluation des bâtiments à haute qualité environnementale (QEB) la plus utilisée dans le monde. Créé en 1998 par l’US Green Building Council (USGBC), une structure à but non lucratif composée aujourd’hui de 17 000 membres travaillant dans l’industrie du bâtiment et de la construction, il a conditionné l’émergence de nombreux autres systèmes d’évaluation, tels que la démarche HQE et le label LEED canadien.

L’USGBC contrôle l’ensemble du processus de certification et offre un panel de services variés, dans le seul but de promouvoir la QEB. Ainsi, elle propose différentes catégories de certification selon le domaine d’activité, ce qui oriente le niveau d’implication du candidat dans le référentiel LEED. L’USGBC joue aussi un rôle de sensibilisation aux enjeux écologiques, en proposant des formations et conférences destinées notamment aux décideurs.

Caractéristiques de l’outil LEED et de la démarche de certification

Pour en revenir plus spécifiquement au système LEED, il est construit de la manière suivante.
En premier lieu, le bâtiment candidat est associé à une des cinq catégories prédéfinies par l’organisation :

  • LEED NC (nouvelles constructions ou rénovations majeures),
  • LEED BE (bâtiments existants),
  • LEED SC (structure et coque),
  • LEED H (habitations domiciliaires),
  • LEED IC (intérieurs commerciaux).

Ensuite, chaque étape du projet est évaluée selon 6 catégories, auxquelles sont attribués des crédits :

  • Aménagement écologique des sites (14 points) : gestion des eaux pluviales, transport alternatif, perturbation minimale du terrain, diminution de la pollution lumineuse;
  • Gestion efficace de l’eau (5 points) : aménagement paysager nécessitant peu d’eau, technologies innovatrices en matière d’eaux usées, réduction de la consommation d’eau;
  • Énergie et atmosphère (17 points) : optimisation de la performance énergétique, systèmes d’énergie renouvelables, énergie verte, élimination des CFC et halons;
  • Matériaux et ressources (14 points) : réutilisation du bâtiment, gestion des déchets de construction, contenu recyclé, matériaux locaux, bois certifié;
  • Qualité des environnements intérieurs (15 points) : contrôle du CO2, ventilation plus efficace, matériaux à faible émission, maniabilité des systèmes, confort thermique;
  • Innovation et processus de design (4 points + 1 point si un des professionnels est accrédité LEED)

A la suite de cette évaluation, une note sur un total de 70 points est attribuée au bâtiment, selon le système qui suit :

  • certifié (26 à 32 points),
  • argent (33 à 38),
  • or (39 à 51),
  • platine (52 à 70).

Quelles sont les différentes méthodes de certification LEED ?

Il existe deux façons de procéder : soit l’organisme demandeur dépose un dossier auprès de l’USGBC pour examen, notation et certification, soit une personne dédiée au projet passe un concours pour l’obtention du droit d’auto-certification LEED auprès du Green Buildings Certification Institute (GBCI), organisation dîtes indépendante et soutenue financièrement par l’USGBC.

A quels besoins répond la certification LEED?

Comme mentionné dans l’article « Green Buildings Standard Under Construction», aux Etats-Unis, 40 % de l’énergie sont utilisés pour chauffer, éclairer et rafraichir les bâtiments commerciaux et résidentiels. Un tel outil représente une opportunité de baisser significativement la consommation énergétique des constructions existantes et à venir. « La ligne directrice de conception et de l’outil de certification de LEED vise à améliorer le bien être des occupants, la performance environnementale et le rendement économique des bâtiments par l’emploi de pratiques, de normes et de technologies éprouvées et novatrices. » (1)

Sa vocation est de promouvoir les bâtiments « verts » et la prise en compte des impacts environnementaux dans leur construction et leur exploitation.
Ce référentiel se veut être facilement reproductible. C’est pour cette raison qu’il a servi de modèle à beaucoup d’autres outils. A titre d’exemple, le Canada s’est largement inspiré de LEED en l’adaptant à son contexte local et en y ajoutant ses propres exigences. (2) Au sein de ce document, le CaGBC indique que label LEED Canada « reconduit les critères qui définissent les crédits en les adaptant au système de mesure international (SI), en adaptant les références aux normes, codes et programmes canadiens, en rehaussant le seuil de performance de certaines exigences préalables, et même en ajoutant un nouveau crédit Bâtiment durable au domaine Matériaux et ressources ».

C’est aujourd’hui, en outre, un formidable outil de promotion utilisé par la ville de New York. Celle-ci intègre désormais les exigences LEED au sein des cahiers des charges des nouvelles constructions.

En d’autres termes, pour les nombreux acteurs du secteur, ce label est un atout marketing majeur, au-delà des contraintes supplémentaires qu’il peut impliquer aux niveaux technologiques et organisationnels. Cette démarche est supposée viser de nouvelles solutions innovantes, parfois plus coûteuses, dont l’objectif est de réduire les « impacts écologiques » sur l’ensemble du cycle de vie des bâtiments.

Quelles en sont les limites ?

Hormis la critique inévitable du surcoût engendré par le respect du label LEED et l’inéluctable délicatesse et complexité associées à son adaptation à d’autres pays, plusieurs questions peuvent être soulevées.

En France, l’association HQE, dont les certifications sont gérées par le Certivea, une branche dédiée du CSTB, est le principal acteur sur ces questions ; elle est à l’origine de l’élaboration de la démarche Haute Qualité Environnementale (HQE). A ce stade, il n’existe pas de système de graduation, comme pour LEED (bronze, argent, or…). Le maître d’ouvrage doit investir sans être certain d’obtenir une reconnaissance proportionnelle aux actions accomplies ; cela, bien qu’il soit quasiment assuré d’obtenir la labellisation HQE.

Cela souligne les limites de ce type de référentiel, volontaire et sanctionné par un label à vocation « marketing ». Les agents économiques concernés ne cherchent bien souvent qu’à obtenir le label si bien, qu’au final, l’efficacité et cohérence écologiques n’interviennent qu’en second plan.

Comme mentionné précédemment, l’USGBC est à l’origine de l’ensemble du processus de certification. Sa volonté a été de rendre cet outil facilement reproductible et utilisable sur tout type de projet de construction. Avec une telle ambition, le système d’évaluation qui en résulte a soulevé nombre de critiques, en particulier sur la pertinence des coefficients utilisés.

Aucun document n’explique les raisons ou les méthodes utilisées pour définir le nombre de points de chaque étape et de chaque action. La notation globale présente « l’inconvénient d’une approche subjective (les coefficients sont arbitraires) et peu adaptée au contexte local » (3).

Par exemple, comme le souligne l’article, un projet obtenant une note de 26 sur 70 recevra, contre toute attente, la certification.

Qui plus est, ce système d’évaluation est porté principalement sur la structure de la construction et sur l’effet de celle-ci sur ces occupants. Si cela représente une avancée certaine, qu’en est-il de la prise en compte des interactions avec l’écosystème extérieur ?

Comme indiqué dans cet article, le label LEED sera revu et corrigé courant 2009. Ce sera sa troisième refonte après 10 ans de recul sur le système d’évaluation. L’USGBC indique que « l’attribution et la pondération du système sera différente. L’ensemble du processus sera flexible afin de s’adapter aux évolutions technologiques, de tenir compte des différences régionales et d’encourager l’innovation

Une évolution est nécessaire afin de mieux intégrer l’efficacité énergétique et la performance écosystémique des bâtiments. Cette nouvelle version du label LEED permettra t‘elle l’émergence de bâtiments véritablement performants sur le plan écologique ? Aura-t-elle l’ambition de répondre à minima aux besoins actuels pour une lutte efficace face aux changements climatiques ?

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  1. […] à l’entrée du bâtiment. En effet, le bâtiment de l’office de tourisme de Lassen a obtenu le label LEED  (Leader in Energy and Environmental Design : système d’évaluation de l’impact […]

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