Nouveaux modes de vie écologiques: maisons flottantes et logements conteneurs

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Cet article n’a pas la prétention de dresser une liste exhaustive des différentes tendances relatives aux nouveaux modes de vies. D’une part, il existe une multitude de concepts ou de réalisation concrètes, pertinents ou totalement décalés, innovants ou dépassés. D’autre part, il nous semble plus intéressant de nous pencher sur les raisons qui ont motivé ces nouvelles formes d’habitats. Il en existe un grand nombre : les maisons dans les arbres, les villages créés par des communautés d’écologistes, des immeubles construits et pensés par un collectif constitué des futurs propriétaires, les maisons bioclimatiques, etc. Pour ce faire, nous allons nous limiter à deux phénomènes émergents: les maisons flottantes aux Pays-Bas et les résidences conteneurs en Europe.

Maisons sur l’eau aux Pays-Bas

Selon Michèle Pappalardo, ex-présidente de l’Ademe, s’exprimant sur l’avenir des villes: « Au-delà de la réflexion sur la conception de villes moins émettrices, nous devons nous poser la question des conséquences du changement climatique sur les zones urbaines. Le poids de l’adaptation au changement climatique n’est plus un sujet théorique. On y réfléchit de plus en plus. Beaucoup de villes ont été construites au bord de l’eau ou sont exposées aux risques naturels… »
Les experts du GIEC ont confirmé les risques en matière de montée du niveau des océans, résultante peu controversée des changements climatiques.
A partir de ces constats, les Pays-Bas ont choisi de travailler sur l’amélioration de la résilience écologique de leur territoire (pour un rappel sur le concept de résilience écologique, une notion incontournable dans la démarche de Synergiz, consulter ce lien).
Particulièrement vulnérables à la montée des eaux sur leur territoire, les Pays-Bas souhaitent en anticiper les conséquences.
Selon l’ambassade du Royaume des Pays-Bas : « …le niveau de la mer devrait aussi monter de 85 cm au cours des cent prochaines années. La nouvelle politique développée à la suite des inondations et crues […] vise à redonner de l’espace à l’eau, à vivre avec l’eau au lieu de lutter contre elle. »
Le pays a ainsi choisi de mettre en place un politique de conquête des espaces « perdus à la mer ». Dans ce contexte, l’expérience des maisons flottantes est promue comme une piste sérieuse. Sur le plan technique, il existe différents systèmes : des maisons montées sur vérins qui accompagnent le mouvement de l’eau, des maisons « péniches » aménagées, ou encore d’autres sans attache fixe et totalement indépendantes des terres. D’un point de vue écologique, ce mode de logement pourrait s’avérer intéressant s’il intègre divers outils d’intégration au paysage, minimise ses consommations de ressources (dont l’énergie) et ses impacts sur la biodiversité (choix de l’emplacement): ex. toitures végétalisées, circuit d’eau fermé (eau usagée / eau potable), recours aux énergies renouvelables.
Si l’on veut comparer avec des modèles de constructions classiques, par exemple des maisons en lotissement, cette option pourrait faciliter l’usage de techniques nouvelles respectueuses de l’environnement. Une raison fondamentale à cela : les constructeurs de maisons flottantes font appel à des techniques relativement nouvelles, peu standardisées. Ils sont donc aisément influencés par les tendances actuelles, notamment les attentes « écologiques » des consommateurs. En effet, lorsque l’on construit une maison « classique », les artisans ou acteurs du bâtiment ont un savoir faire parfois peu compatible avec les nouvelles demandes d’éco-responsabilité et sont peu enclins à changer pour des raisons de coûts, aussi bien au niveau des outils de travail que des mentalités et compétences des collaborateurs.
En outre, au-delà de la gestion des nuisances associées, aux habitations proches des eaux (humidité, insectes, stabilité…), les maisons flottantes permettent d’imaginer de nouvelles formes de vie en collectivité.

Logements conteneurs

100 000 000 conteneurs naviguent dans le monde par an. Ce mode de stockage, inventé dans les années cinquante pour le transport de marchandises, devient rapidement obsolète après quelques années d’usage (durée de vie ne dépassant pas 15 ans). Cela pose de sérieux problèmes de stockage et de recyclage, certains ports les stockant sans trouver de solutions pour leur fin de vie. C’est pourquoi en faire des logements s’apparente à une véritable aubaine, aussi bien pour les acteurs du transport maritime que pour les entrepreneurs qui se sont lancés sur cette niche. (Voir la vidéo).
A titre d’exemple, un collectif d’architectes new yorkais LOT- EK s’est lancé dans la construction de véritables résidences faîtes en conteneurs. D’autres acteurs ont suivit la démarche depuis.
Cette méthode de construction permet de construire une résidence pour 500 étudiants, en l’espace d’à peine 3 semaines. Un défi technologique qui, malgré son impact esthétique réel (selon les projets), prend de l’ampleur et séduit de nombreuses collectivités
Basé sur un système de récupération et de réutilisation de l’existant, la conversion de ces conteneurs en habitations permet de résoudre deux problèmes simultanément : le recyclage des conteneurs et le manque de logement en milieu urbain.
Ici, le recyclage des conteneurs, enjeu environnemental parmi d’autres, serait une raison fondamentale pour l’émergence de telles formes de construction. Mais l’étiquette « développement durable » se justifie difficilement: ces constructions ont de réelles lacunes en termes d’isolation phonique et thermique et sont reconnues pour n’être qu’une solution temporaire, notamment en matière de résidences collectives ; même s’il serait possible de les rendre plus respectueuses de l’environnement et de la santé de ses occupants (ex. isolation des conteneurs, solutions « propres » de production d’électricité ou de chaleur, etc). La véritable raison de l’engouement actuel pour ces constructions ne serait-il pas plutôt le coût de revient de tels édifices ? Selon cet article, il serait possible de faire assembler une maison de 90m2 pour 100 000 euros.

Au travers de ces deux exemples, on peut identifier deux approches très différentes de la vie urbaine. L’une, non sans risques, se construit dans l’anticipation des effets du réchauffement climatique, l’autre, véritable aubaine commerciale, chercherait à combattre, à la marge, les effets pervers de nos modes de production et de consommation et non leurs causes.

En conclusion, je citerai encore une fois Michèle Pappalardo : « On a tendance à réfléchir à la ville de demain en fonction des problèmes auxquels on doit faire face aujourd’hui. Or, il faut se projeter suffisamment dans le futur et concevoir la ville avec les outils de demain. » (Voir le lien)
Cette phrase résume bien la problématique traitée. Il existe différentes approches lorsque l’on traite de l’urbanisme et des nouveaux modes de vies. L’objet de cet article n’est pas de juger si une solution est meilleure qu’une autre mais d’amorcer une réflexion sur les moyens à mettre en place pour répondre à nos besoins futurs.

3 commentaires
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  1. Bonjour,

    Article très intéressant avec du contenu clair ! Par contre à aucun moment vous parlez du budget qu’il faut avoir pour ces écoconstructions. Serait-il possible d’indiquer une fourchette de prix pour les maisons sur l’eau et les maisons containers ?
    Merci par avance.

  2. C’est bien qu’il y a des personnes et des communautés qui pensent à trouver des solutions pour être plus en équilibre avec l’environnement. Comme l’ambassade a dit : « il faut vivre avec » l’environnement et pas « lutter contre » lui. La majorité du monde ne va probablement pas être capable de faire des choses comme faire une maison d’un conteneur mais tout le monde peut vivre plus écologiquement. On peut recycler tout matériel recyclable, même les très grands déchets de construction. On peut donner nos vêtements aux pauvres quand on ne les porte plus. Il faut simplement avoir le désir de protéger l’environnement.
    Daelin | Conteneurs LPI Québec

  3. Moi, j’aime beaucoup ce qu’on a commencé de faire avec des conteneurs obsolètes. Comme le dit l’article, on peut les transformer en résidences collectives, un projet qui est non seulement écologique, mais économique aussi. Je vous remercie donc de ce petit partage sur des nouveaux modes de vie écologiques, et je vous souhaite une bonne continuation.

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