L’économie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB) : publication du rapport destiné aux entreprises

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C’est à l’instigation des ministres de l’environnement du G8 en mars 2007 que l’étude « The Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) » a été commandée. Pavan Sukhdev, ancien responsable du département des marchés internationaux de la Deutsche Bank en Inde, a été chargé de sa direction : il s’agissait de définir un cadre conceptuel et méthodologique pour la prise en compte de la valeur de la biodiversité et des services écosystémiques (BSE) au sein des activités économiques en vue d’enrayer leur dégradation.

Présentation de l’initiative TEEB

Ce projet vise à produire 5 rapports distincts, dont la publication s’échelonnera de septembre 2009 à l’hiver 2010/2011.

L’objectif global de cette étude est d’établir un état de l’art sur les liens entre économie, biodiversité et services écosystémiques et de réfléchir aux outils nécessaires pour améliorer leur prise en compte dans les processus de décision publics et privés.

Les différents rapports[i] renvoient à plusieurs objectifs présentés ci-dessous :

TEEB « ecologist and economist »

Sur la base de nouvelles connaissances, ce travail vise à évaluer la valeur des services écosystémiques à travers différents scénarii. Il cherche à calculer le coût économique global de la perte de la biodiversité, ainsi que les bénéfices engendrés par la mise en place d’actions pour l’enrayer. Selon ce rapport, la perte de la biodiversité couterait 7% du PIB mondial[ii], alors que les marchés potentiels liés aux services écosystémiques s’élèveraient entre 2 et 6 millions de millions de dollars USD en 2050.

TEEB « for international and national policy makers » and TEEB “for policy makers”

Ce rapport élabore des conseils et propositions destinés aux acteurs des politiques locales et internationales. Il tente d’adapter les apports et outils du précédent rapport à ces nouvelles cibles, pour qu’elles puissent prendre en compte la biodiversité et les services écosystémiques (BSE) au cœur de leurs processus de décisions.

TEEB « for business »

Publié le 13 juillet 2010, ce rapport est le plus récent : son objectif est de faciliter l’accès des entreprises à l’ensemble des outils qui existent ou sont en développement, en vue de les aider à mieux gérer leurs impacts et dépendances aux BSE.

TEEB « for citizens »

Dernier volet du projet, destiné à tous les citoyens, afin d’attirer notre attention sur l’importance d’une prise de conscience individuelle des conséquences de l’érosion de la biodiversité sur nos modes de vie (alimentation, accès à une eau de qualité, etc.).

Focus sur le rapport « TEEB for Business »

La comptabilité actuelle des entreprises ignore complètement leurs propres impacts et dépendances liés aux bénéfices qu’elles retirent du fonctionnement ou de l’exploitation des écosystèmes.

Cette étude décrit de manière détaillée les 7 étapes clés à retenir :

  • Mesurer l’impact de l’activité économique sur la biodiversité
  • Évaluer les risques et les perspectives
  • Mettre au point des outils destinés aux entreprises
  • Agir pour prévenir les risques
  • Identifier de nouvelles sources de richesse
  • Intégrer cette démarche dans l’ensemble de l’entreprise
  • Réfléchir à l’amélioration de cette démarche

Mesurer les impacts et dépendances

Le rapport propose, dans un premier lieu, de rédiger une liste exhaustive des impacts engendrés par les produits ou services de l’entreprise, ceux-ci pouvant s’avérer être positifs ou négatifs pour les BSE (selon le contexte). C’est une étape incontournable de tout diagnostic : il faut connaître l’existant et faire un état des lieux de la situation afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne productive de l’entreprise.

Évaluer les risques et les opportunités

L’enjeu de cette étape est d’appréhender les risques d’une activité économique sur la biodiversité, et ensuite d’identifier des effets de levier possibles dans le domaine financier, de la communication ou des modes de production. Les entreprises ont l’habitude d’analyser leur mode de production en prenant en compte les entrants (inputs) et les sortants (outputs). Elles isolent inconsciemment les effets négatifs ou positifs sur les services éco systémiques qui coexistent autour d’elles.

En agissant de cette manière, les chefs d’entreprise peuvent intégrer dans leur stratégie de communication ou/et de management, les effets positifs révélés par une telle démarche. Cet outil incite les grandes entreprises à notifier les efforts fournis dans le domaine de la préservation des écosystèmes et la réduction de la perte de la biodiversité.

Mettre au point des outils destinés aux entreprises

Les entreprises ont à leur disposition de multiples outils de contrôle de prise en compte de l’environnement. Il manque un outil complémentaire sur le thème de la biodiversité. Plusieurs choix s’offrent à elles : soit elles développent leur propre outil de gestion des risques sur la biodiversité, soit elles s’appuient sur des standards créés par des organisations spécifiques.

C’est le cas de la méthodologie développée par le TEEB, le Corporate Ecosystem Services Review (ESR) qui aide les managers à intégrer les risques et les dépendances aux services éco systémiques liés à leur activité de production. Il existe de nombreuses méthodologies qui sont détaillées et expliquées dans l’étude TEEB « for business » (point 4.3)

Agir pour prévenir les risques

Il est vital pour une société d‘utiliser ces outils, et ce, dans les meilleures conditions pour pouvoir ensuite réfléchir aux plans d’actions correctives ou incitatives à mettre en place.

Identifier de nouvelles sources de richesse

La prise de conscience de la menace qui pèse sur la biodiversité grandit, alors on s’intéresse, on s’interroge. Et on remarque que, finalement, cela peut amener des parts de marchés supplémentaires, des réductions de coûts sur les matières premières ou une réelle amélioration du mode de management au sein de l’entreprise.

Intégrer cette démarche dans l’ensemble de l’entreprise

L’enjeu est de taille, car c’est peut être une des étapes les plus primordiales dans le développement de la démarche. Il faut trouver des synergies possibles entre la production, le financier, les ressources humaines, le management et la biodiversité par exemple. En effet, ces synergies garantissent le succès économique et social de la société.

Réfléchir à l’amélioration de cette démarche

Comme toute nouvelle méthodologie, des tests, des analyses et des retours d’expériences sont primordiaux afin de faire évoluer sans cesse le processus. Il faut développer des partenariats avec les acteurs politiques locaux et internationaux, l’engagement à tous les niveaux décisionnels s’avérant nécessaire.

La prochaine étape de cette réflexion sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité se tiendra lors de la réunion de la convention sur la diversité biologique de Nagoya (Japon), en octobre 2010.


[i]Description des différents rapports de la commission TEEB

[ii] Chiffres présentés par Pavan Sukhdev dans ce document

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