La biodiversité et les services écosystémiques au cœur de la comptabilité des entreprises

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Le cas de l’usine de traitement des eaux BWB à Berlin.

Après une année où tous les regards ont porté sur les changements climatiques, avec en décembre dernier la conférence de Copenhague pour paroxysme, 2010 sera l’année de la biodiversité. Les attentions se focaliseront cette fois-ci sur les outils à mobiliser pour stopper son érosion mondialisée.

Soucieuses de répondre aux attentes de leurs parties prenantes dans ce contexte, de nombreux acteurs du secteur privé poursuivent leurs réflexions sur l’intégration de la biodiversité dans leur stratégie d’entreprise.

C’est notamment le cas de Veolia Environnement qui s’est intéressée, en collaboration avec Orée, aux liens entre les activités d’une usine de traitement des eaux à Berlin (BWB[1]) et la biodiversité et  les services écosystémiques (BSE), cela d’un point de vue comptable. Cette étude de cas[2] a été réalisée dans le cadre de la phase 2 du groupe de travail « Intégrer la biodiversité dans la stratégie des entreprises » qui a pour objectif l’élaboration d’une comptabilité analytique en matière de BSE.

S’appuyant sur une partie des travaux de Houdet et al. (2009)[3] portant sur la comptabilité (analytique et de reporting) en matière de changements de biodiversité et de services écosystémiques,  l’étude de cas a cherché à identifier les liens comptables entre les coûts et revenus de la station d’épuration et les BSE. Pour cela, les auteurs ont identifié (a) les flux de matières issus de la biodiversité utilisés par l’entreprise (achetés ou obtenus gratuitement) et (b) les services écosystémiques qui influencent ses activités et sont influencés par celles-ci.

Fort du constat que l’essentiel des coûts de production reposent sur la gestion des interactions entre micro-organismes pour l’épuration des eaux usées et le traitement des boues (biomasse morte de micro-organismes), l’étude souligne les pistes de réflexion en matière d’élaboration d’une stratégie d’entreprise cherchant à valoriser, en milieu périurbain, des pratiques favorables à la fois à la biodiversité et à un grand nombre de services écosystémiques simultanément. On peut alors parler de la promotion de l’hétérogénéité, la variabilité et la complexité des systèmes vivants au cœur de l’innovation technologique et organisationnelle, notamment via :

  1. des techniques d’ingénierie écologique[4] complémentaires (ou substituant) les infrastructures industrielles classiques pour traiter les eaux polluées issues ;
  2. une gestion écologique des espaces fonciers gérés par l’entreprise (dont promotion de corridors écologiques) ;
  3. l’intégration au cœur des termes contractuels liant l’entreprise à la collectivité locale (Land de Berlin) de nouveaux critères de performance dédiés à la biodiversité et aux services écosystémiques.

[1]Berliner Wasser Betriebe est une entreprise  publique berlinoise de traitement des eaux. Veolia Environnement en est actionnaire à 49,9%.

[2] “Accounting for Biodiversity and Ecosystem Services From a Management Accounting Perspective”, Gaël Gonzalez and Joël Houdet, Orée, 2009 – http://www.oree.org/docs/case-study-veolia-oree.pdf

[3] Joël Houdet, Charlotte Pavageau, Michel Trommetter, Jacques Weber, 2009. Accounting for Changes in Biodiversity and Ecosystem Services From a Business Perspective – Preliminary Guidelines towards a Biodiversity Accountability Framework. Novembre 2009, Ecole Polytechnique, CNRS, Cahier N°2009-44 – http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/43/44/50/PDF/2009-44.pdf

[4] Voir notamment les travaux menés par GAIE, le Groupe d’application de l’ingénierie des écosystèmes créé en 2006 ; http://www.ingenierie-ecologique.org/ .

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