Investissement des pays étrangers sur l’Or Bleu africain

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L’accaparement des terres agricoles africaines par les entreprises du secteur privé

GRAIN est une organisation internationale à but non lucratif, basée à Barcelone, crée dans les années 1980, sous la forme d’un groupe de pression et de lobbying.  Elle est devenue, par la force des projets portés, une entité de référence sur le continent africain, asiatique et sud américain.

GRAIN a pour ambition de défendre les petits producteurs agricoles dans leurs mouvements de défenses de leurs terres et la protection des services alimentaires associés.

Le rapport « Squeezing Africa Dry » publié en juin 2012 dénonce un phénomène croissant et inquiétant d’accaparement des terres africaines, par des investisseurs étrangers, pour développer leur agriculture souvent gourmande en eau. Le problème est connu, de nouvelles réglementations  tentent d’encadrer ces acquisitions foncières, comme le décrit cet article. Mais de nombreux effets pervers incontournables naissent : expropriation, déplacement de population, perte d’espace de culture locale, accès à l’eau et épuisement du niveau d’eau des terres exploitées.

Les flux financiers qui servent à l’acquisition de ces terres, proviennent principalement du secteur privé.

Ce rapport présente de nombreux exemples de pays qui subissent les assauts fonciers des investisseurs, en dénonçant les impacts sociétaux et environnementaux, liés à ce phénomène. Les territoires concernés par ces investissements sont souvent des zones qui possèdent d’importantes ressources en eau.

Le présent rapport de GRAIN décrit, en page 11, à l’aide d’un tableau, les caractéristiques de 5 zones du continent africain et les implications sur l’eau, que peuvent avoir les projets d’occupation des terres par des pays étrangers comme la Chine, l’Inde ou encore l’Arabie Saoudite.

L’exemple le plus significatif se situe en Ethiopie, le long du Nil, ou de nombreux pays étrangers comme l’Inde et le Soudan, investissent sur les terres afin de profiter de l’attrait du fleuve du Nil et de ces bienfaits sur la terre et les cultures. 3,6 millions d’hectares ont déjà été donné à bail par le pays.

Tous ces territoires cédés ont un fort besoin en irrigation. Des projets d’aménagement et d’infrastructure vont en découler.

Comme cela est expliqué dans l’article de GRAIN sur la ruée vers l’or bleu en Afrique, la plupart des activités agricoles se situent dans des zones humides fragiles et fertiles, autour du Nil. Le fleuve a-t-il les ressources nécessaires pour fournir l’ensemble des besoins demandés par ces futures terres agricoles ? Quels impacts ces activités vont-elles avoir sur les milieux naturels ?

De nombreux experts et organisations comme GRAIN s’inquiètent et tirent la sonnette d’alarme sur ces dérives. Car l’acquisition de ces terres offre à leur acquéreur un accès illimité à l’eau, leur permettant ainsi de produire une agriculture aquavore telle que le riz ou la canne à sucre.

Le Nil est un cas particulier car le même phénomène se produit en amont et en aval du fleuve, en Egypte, Soudan et Ouganda.

GRAIN mène de nombreuses réflexions sur « Le sens profond de l’économie verte », autre rapport à consulter sur ce thème.

La pression exercée par les différents acteurs de défenses des terres, ONG, organisation internationales, devrait à terme enrayer ce processus d’autoréglementation et d’auto normalisation des entreprises du secteur privé sur le sujet de l’accaparement des terres arables.

L’enjeu du développement d’une agriculture raisonnable et raisonnée semble difficile à atteindre dans ce contexte d’investissement privé et de recherche de profits et de rentabilité des terres. Une distinction doit être clairement définie entre investissement foncier et l’accaparement des terres qui doit être enrayé, dans l’intérêt des communautés locales.

Télécharger le rapport sur Squeezing Africa Dry

Références

http://www.grain.org/fr

http://www.grain.org/fr/article/entries/4568-un-investissement-agricole-responsable-les-efforts-actuels-visant-a-reglementer-les-accaparements-de-terres-ne-font-qu-empirer-la-situation

http://www.journaldelenvironnement.net/article/afrique-ils-louent-la-terre-mais-pillent-l-eau,29483?xtor=RSS-31

http://www.grain.org/fr/article/entries/4566-ruee-vers-l-or-bleu-en-afrique-derriere-chaque-accaparement-de-terres-un-accaparement-de-l-eau

http://www.synergiz.fr/le-sens-profond-de-leconomie-verte-grain/

 

 

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