Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises : le Bilan Biodiversité des organisations

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Réconcilier activités économiques et biodiversité, « faire équipe avec la vie » selon l’expression de Robert Barbault, nécessite à la fois de mobiliser les entreprises et de créer de nouveaux outils. L’ouvrage « Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises »(1) relève de ce double défi. Il s’articule sur quatre sections.

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Une difficulté majeure pour intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises est de comprendre à quoi renvoie un concept aujourd’hui couramment usité.
La première partie de l’ouvrage s’attache à le présenter, du point de vue scientifique et de celui des entreprises. La méthodologie du groupe de travail pour analyser les interactions, directes et indirectes, entre entreprises et diversité du vivant est ainsi mise en exergue. Elle concerne l’analyse des niveaux de dépendance directe des branches d’activités au monde vivant et la construction d’un Indicateur d’Interdépendance de l’Entreprise à la Biodiversité (I.I.E.B.).

La seconde partie s’articule sur des retours d’expérience. Rédigés à partir d’une auto-évaluation portant sur l’I.I.E.B., ils présentent l’image que diverses entreprises et collectivités, la plupart appartenant au groupe de travail IFB – Orée, se font de leur interdépendance à la biodiversité. Ces travaux confirment que l’ensemble de l’économie interagit, de manière directe et indirecte, avec le tissu du monde vivant.

La troisième section s’attache à analyser plus précisément la nature de l’influence des entreprises sur l’évolution du monde vivant. Cela revient à caractériser la nature des dynamiques de co-évolution entre entreprises et écosystèmes. Un nouveau modèle de développement est proposé aux acteurs économiques, en soulignant ses enjeux, contraintes et opportunités. Quelles règles simples, quels outils pour piloter les systèmes écosystémiques et socio-économiques en interaction, vers une co-viabilité entre biodiversité et entreprises ? Sont ainsi esquissés les contours du « Bilan Biodiversité » des organisations, système comptable visant à rendre compte des relations entre entreprises et monde vivant. Pour que sa mise en place soit rentable, que les entreprises s’approprient pleinement la démarche, l’ouvrage s’intéresse à l’innovation institutionnelle, c’est-à-dire à l’évolution des modes de régulation.

Enfin, la dernière section présente dix initiatives innovantes en faveur de la biodiversité à travers le monde. Rédigées sous forme d’articles courts, elles sont en lien étroit avec le monde de l’entreprise et tentent de s’inscrire dans la démarche de co-viabilité biodiversité – entreprises proposée par l’auteur.

Face à l’urgence de la situation mise en exergue par l’Evaluation des écosystèmes du millénaire (Millennium Ecosystem Assessment, 2005)(2) et confirmée par les premiers résultats de l’étude COPI (2008)(3) portant sur les coûts de l’inaction en matière de biodiversité, ce guide vise à condenser le temps de réflexion nécessaire pour réintégrer les activités économiques au cœur de la biodiversité.

La mise en place des outils proposés par cet ouvrage relève-t-il de l’utopie ? Le pari du groupe de travail Orée – Institut Français de la Biodiversité sera t’il tenu ? Quels en seront les débouchés pour les écosystèmes urbains ? Quelles implications pour leurs acteurs économiques, entreprises, citoyens et collectivités ?

1 Houdet, J., 2008. Intégrer la biodiversité dans les stratégies des entreprises. Le Bilan Biodiversité des organisations. FRB – Orée, Paris ; www.oree.org ; www.fondationbiodiversite.fr
2 http://www.millenniumassessment.org
3 http:///ec.europa.eu/nature/biodiversity/economics/index.en_htm

2 commentaires
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  1. Bonjour
    J’ai assisté avec plaisir à votre présentation ce jour sur le campus d’Orsay. C’est intéressant cette rencontre entre les mondes économique et écologique. J’ai bien aimé votre approche et espère que le bilan biodiversité viendra à se généraliser aussi vite que le bilan carbone.

    Cordialement
    Sébastien Gendry – responsable partenariat d’entreprise et mécénat à l’ONF (d’où ma question d’aujourd’hui sur le mécénat environnemental)

  2. Bonjour Sébastien,

    Merci pour ce message.

    Rédigée à partir du renseignement de l’indicateur composite IIEB (Indicateur d’Interdépendance de l’Entreprise à la Biodiversité), l’auto-évaluation de l’interdépendance de l’Office National des Forêts (ONF) à la biodiversité qui est présentée dans cet ouvrage s’avère riche en information.

    Il serait passionnant de voir une EPIC telle que l’ONF essayer de tester, de mettre en place le Bilan Biodiversité ; cela selon les étapes déclinées dans l’ouvrage.
    A discuter et à approfondir bien entendu ! Le Groupe de travail Orée – Fondation de recherche sur la biodiversité (FRB) va d’ailleurs prochainement définir son plan d’action pour 2009.

    Un challenge pour l’association Synergiz serait d’adapter cet outil (IIEB) aux systèmes urbains, en prenant exemple sur les retours d’expériences “collectivités” du guide (CG92, CRIDF, CR Rhône-Alpes et Ville de Châtillon) et en essayant d’aller plus loin. C’est une très bonne base de réflexion pour notre projet de guide internet sur l’écologie urbaine.

    Cordialement,

    Joël Houdet

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