L’étude des écosystèmes présents à l’intérieur des villes. Vers une meilleure compréhension de l’écosystème urbain ?

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Cet article fait partie d’une série d’articles basée sur l’ouvrage de Berkowitz A.R., Nilon C. H. & Hollweg K.S. « Understanding urban ecosystems: A new frontier for science and education ».

Au sein d’une ville, il existe des systèmes vivants qui peuvent être décrit indépendamment de la ville à laquelle ils appartiennent. L’analogie entre le fonctionnement de ces écosystèmes et celui de la cité au sein de la planète est forte : Qui n’a jamais été tenté de comparer l’agitation qui règne en ville à celle que l’on retrouve dans une fourmilière ? C’est ce qu’Antony Bradshow nous propose d’explorer dans son article (1). En reprenant les différentes étapes permettant l’installation d’un écosystème naturel dans un environnement, A. Bradshow décrit la réalisation d’une nature dans la ville et établit un parallèle avec les étapes d’installation d’une ville dans l’environnement. Ce faisant, il nous permet de replacer la ville comme un objet d’étude « naturel », un écosystème « naturel » (écosystème urbain).

Avant d’arriver à un état d’équilibre final appelé climax(2), un écosystème enchaîne différentes phases caractérisées par un renouvellement des espèces ou de son milieu. Le tableau qui suit donne des exemples pour les écosystèmes retrouvés dans les villes et pour la ville elle-même :

Les étapes de la succession écologique Appliquées à un écosystème dans la ville Appliquées à la ville en tant qu’écosystème
Colonisation du milieu La dissémination des espèces se fait au hasard.Les espèces s’implantent si le milieu est favorable à la croissance. Les migrations humaines se font au hasard.Les villes sont implantées si l’espace convient aux migrants (fonction de leurs besoins et de leurs croyances).
Croissance et accumulation des ressources Fortes disponibilités de minéraux et oligo-éléments nécessaires à la croissance des plantes dans les villes.Les faibles quantités d’azote disponible en ville peuvent limiter la croissance des plantes. L’ajout de fertilisant peut pallier à ce problème. 

L’accumulation de ressources dans le sol peut se faire par l’intervention de micro-organismes.

Une ville utilise les ressources proches d’elle MAIS est également capable de les importer.Sans ressource une ville disparaît.Les financements publics extérieurs peuvent servir de fertilisant et aide au développement des villes. 

La coopération entre entreprises et l’importation de ressources sont courantes dans une ville. Mais, se pose alors le problème d’une trop forte accumulation de ressources (cf. empreinte écologique)

Développement de l’environnement physique La végétation modifie la structure des sols et facilite la circulation de l’eau et l’implantation de nouvelles espèces. Les infrastructures modifient le paysage et facilitent le déplacement des ressources et des hommes.
Développement des processus de recyclage La matière organique morte est transformée en matière minérale réutilisable.La pollution perturbe les espèces responsables du recyclage des matières. Les écosystèmes perdent des éléments qui ne sont plus recyclés. Le recyclage dans les villes est moins développé que dans la nature à l’exception de matériaux comme le fer.La difficulté des villes à recycler les oblige a toujours importer plus de ressources de l’extérieur.
Processus de remplacement Les espèces initiales sont remplacées suite à la compétition avec d’autres espèces mieux adaptées aux changements du milieu.La présence de certaines espèces peuvent permettre l’apparition d’autres espèces associées (ex : relation de symbiose). Les entreprises présentes à la création d’une cité peuvent disparaître et être remplacées par d’autres plus compétitives lors de l’expansion de la ville.Les relations de coopération sont très courantes dans l’espèce humaine.

Développement complet 

Arrêt de la succession

Les contraintes spatiales empêchent le développement de l’écosystème vers son climax naturel. Malgré les perturbations ces écosystèmes possèdent un stade d’équilibre final typique.Il y a un fort effet de sélection des espèces par la pollution dans les villes.Les espèces initiales sont remplacées suite à la compétition avec d’autres espèces mieux adaptées aux changements du milieu. Pas de contraintes dans les sociétés humaines qui adaptent leur environnement selon leurs besoins.Pas de stade de développement final pour les sociétés humaines qui s’adaptent aux contraintes.Pas de sélection chez l’espèce humaine pour laquelle le temps de génération est beaucoup plus long.
Diversité finale L’intervention humaine amène de nombreuses espèces exotiques dans les villes. Les sociétés modernes favorisent les échanges entre les pays et la diversité des peuples présents dans une ville sont une richesse pour son développement.

L’analogie importante entre les écosystèmes dans la ville et les systèmes urbains permet d’envisager un transfert de connaissance de ces écosystèmes « à l’intérieur des villes » vers l’objet d’étude « ville » en tant qu’écosystème. Finalement, la durabilité des écosystèmes existant à l’intérieur d’une ville pourrait nous fournir des pistes pour construire des écosystèmes urbains durables.

 


 

(1) Bradshow (2003) Natural ecosystems in cities : A model for cities as ecosystems. In Berkowitz A.R., Nilon C.H. & Hollweg K.S., Understanding urban ecosystems: A new frontier for science and education. Springer-Verlag, New York.
(2) La stabilité du climax correspond à un équilibre dynamique et non pas figé (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Climax_(%C3%A9cologie)

 

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