L’efficacité globale des bâtiments

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Les labels de performance énergétique connaissent un développement croissant ces dernières années. Minergie, Passiv’Haus, HQE, HPE, THPE, BBC, RT 2005, BREEAM, ou encore QEB, sont les plus connus, et de nouveaux outils voient régulièrement le jour. La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) a fait naître la plupart de ces labels. Il est par conséquent normal d’y retrouver des indicateurs qui permettent d’analyser la performance d’un bâtiment selon l’énergie qu’il consomme (1). Pourtant, une question se pose, considérant que le climat n’est qu’une variable dans l’évolution des écosystèmes : La performance d’un bâtiment ne doit-elle être qu’énergétique ?

A titre d’exemple, la Chine est régulièrement montrée du doigt pour la croissance de ses émissions de GES. Pourtant, l’efficacité énergétique des bâtiments en Chine est une priorité, notamment dans le développement des villes du Nord du pays ; de nombreux efforts ayant déjà été réalisés dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le secteur du bâtiment représente aujourd’hui 27,6% de la consommation énergétique de la Chine (2). Ce chiffre comprend le chauffage, l’éclairage, la ventilation et la climatisation (3). Réduire les émissions de GES du secteur du bâtiment, en complément de ceux du transport, est naturellement devenu une priorité stratégique pour le pays.
Depuis plus de 20 ans, le gouvernement fait évoluer la règlementation afin d’obliger les nouvelles constructions à être de moins en moins énergivores. A titre d’exemple, une norme à été mise en place en 1986 afin de réduire de 30% la consommation énergétique des nouvelles constructions par rapport à celles construites 5 ans plus tôt. Depuis 2001 en outre, des projets visant essentiellement la maîtrise de l’énergie dans le secteur résidentiel sont soutenus par l’ADEME et le FEEM dans le nord du pays qui représente plus d’un tiers de la consommation énergétique des bâtiments.

En revanche, le constat concernant l’efficacité des bâtiments, et ceci à l’échelle mondiale, demeure le même : elle ne porte que sur le volet énergétique des bâtiments.

Si l’un des enjeux majeurs de notre siècle est la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qu’en est-il des autres enjeux ? L’article « L’interdépendance du bâtiment à la biodiversité » par exemple, met en exergue les relations d’un bâtiment à la diversité biologique qui l’entoure et de laquelle il dépend (ex. matériaux de construction), et comment il peut influer sur elle. De nombreuses autres problématiques pourraient être soulevées, comme l’éducation des usagers des bâtiments à l’adoption de comportements économes en ressources dans leur vie quotidienne ; la gestion des flux autres qu’énergétiques (déchets alimentaires, produits d’entretiens, etc.) ; ou encore l’emplacement et l’agencement des constructions au cœur des villes en matière d’intégration sociale des habitants, et les enjeux d’économie de quartier (4).

Il devient donc urgent que les acteurs du bâtiment et l’ensemble des parties prenantes de l’aménagement urbain prennent conscience de l’impact réel d’un habitat individuel, d’un immeuble, d’un quartier, d’une ville et des infrastructures interurbaines. Les différents enjeux sont intimement liés. A quand des labels qui indiqueront la performance d’un bâtiment, calculée à partir de son impact global sur la société, tant sur les plans environnementaux et économiques que sociaux ?

 


 

Sources :

(1) En théorie, moins le bâtiment consomme d’énergie (sous ententu « énergie fossile »), moins il émet de gaz à effet de serre.
(2) Chine, réglementation construction et réduction de la consommation énergétique
(3) Efficacié énergétique des bâtiments en Chine : un enjeu de taille
(4) L’économie de quartier

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