Copenhague, un sommet en vue

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Le 25 novembre 2009, l’Organisation Météorologie Mondiale (OMM) déclare, que la concentration des gaz à effet de serre vient de dépasser un seuil inquiétant jamais atteint à ce jour. Le scénario le plus catastrophique, établi par le GIEC est en train de se réaliser,  sous nos yeux. (Voir la carte)

 

Les effets du réchauffement climatique rejoignent l’actualité liée à la 15ème Conférence des Parties (COP15), qui se tiendra à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009.

L’occasion pour 170 pays de se réunir pour décider de la suite à donner au protocole de Kyoto signé en 1997, en vigueur depuis 2005 et qui prendra fin en 2012.

Retour sur le protocole de Kyoto

 

Ce protocole a pour objectifs de :

  • Fixer des objectifs chiffrés de réduction d’émission de gaz a effet de serre ;
  • Mettre en place des mécanismes dédiés ;
  • Mettre en place des permis d’émission et des systèmes d’échange de dioxyde de carbone.

Si ces objectifs ont été atteints, le résultat n’est pas forcément à la hauteur des attentes des scientifiques et organisations internationales qui ont tiré la sonnette d’alarme depuis la fin des années 70[1]. La prise de conscience, à demi-mesure, des Etats a été surtout renforcée par plusieurs événements météorologiques récents qui ont marqué l’esprit de tous (Katrina, canicule en Europe, etc.).

C’est pourquoi les décisions qui seront prises lors du COP15 sont très attendues.

La position actuelle des Etats-Unis, de la Chine et de l’Europe

Les pays sont inégaux face aux objectifs.

Les Etats-Unis d’Amérique, qui représentent 20% des émissions de GES, ont pris du retard sur les engagements sous la présidence Bush. Selon les récentes déclarations du président Obama, le pays s’engage à réduire de 17 % ses émissions de GES en 2020 et de 30% en 2025.

Or, ils ont émis 16 % de GES supplémentaire par rapport aux années 2000.

La Chine, avec une croissance à 2 chiffres, veut assumer ses responsabilités mais refuse l’attribution d’objectifs chiffrés, selon elle trop contraignants. Elle se positionne comme un des acteurs de poids dans l’aide et le soutien aux pays du sud.

L’Europe souhaite arriver a Copenhague avec un chiffre de réduction de CO2, de 20% d’ici a 2020, avec un effort supplémentaire de 10% si les négociations aboutissent sur un plan d’actions concret et significatif. Néanmoins les experts indiquent que ce chiffre n’est pas assez important face à l’ampleur du défi annoncé.

Vous retrouvez toutes les données chiffrées, dans cet article.

Enjeux du sommet de Copenhague

L’enjeu principal : « Take a stand ».

Les pays se réunissent à Copenhague afin de s’accorder sur la suite à donner aux accords négociés en 1997. L’un des enjeux majeur pour l’Europe est de faire assoir ensemble, à la table des négociations, les Etats-Unis, la Chine et l’Inde.

Outre les attentes sur des quotas de réduction des émissions de GES et les échéanciers associés pour que chaque pays atteigne ses objectifs, le financement de l’adaptation au, et de l’atténuation des effets du changement climatique, le partage des connaissances et des pratiques et enfin la réduction des risques,  sont les principales problématiques qui devraient être traitées à Copenhague.

Le financement de l’adaptation et l’atténuation des effets du changement climatique va coûter cher à l’ensemble des pays. Un effort particulier est attendu envers les pays pauvres qui réclament un financement sous forme de dû par les pays industrialisés. En effet, ce sont les principaux responsables de l’accélération du changement du climat mondial. Le principe de pollueur-payeur doit s’appliquer, et les financements qui en sont issus doivent être distingués de l’aide au développement.

La négociation va porter, en grande partie, sur la gouvernance des fonds à mettre en place : l’exclusivité reviendra t’elle aux institutions financières des pays développés, ou les pays en développement pourront-ils intégrer le système de gouvernance des fonds qui leurs sont dus ?

A titre d’exemple, l’Union Européenne chiffre un plan d’aide en proposant le scénario suivant:

 

« Les pays industrialisés débloquent 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour aider les pays en développement à :

  • construire un modèle énergétique durable et sobre en carbone
  • s’adapter aux impacts des changements climatiques, mieux gérer les risques liés aux catastrophes naturelles, répondre aux crises humanitaires qui seront de plus en plus récurrentes, etc.
  • lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, responsables de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. »

Extrait du site officiel de Copenhague 2009

Que ce soit les pays en développement ou les pays développés, la nécessité d’échanger les expériences, les connaissances et les savoir faire se fait ressentir. Les négociations devraient alors s’orienter sur l’évolution des mécanismes économiques et de transfert technologique, tels que le mécanisme de développement propre (MDP) ou la mise en œuvre conjointe (MOC). (Pour plus de détails, voir cet article)

 

La mise en place de ces outils devra se faire à travers une vision à la fois globale, et déclinable aux échelles nationales et locales. De plus, ces mécanismes devront être orientés vers une vision de long terme, et non s’intéresser aux questions de variations normales du climat, de type sécheresse, inondation ou cyclone. En effet, si les pays du Nord acceptent de soutenir financièrement les pays du Sud dans leur adaptation au changement climatique, ils ne souhaitent pas financer la prévention ou les dommages liés au climat « normal » d’une région. Bien qu’il soit aujourd’hui impossible de dire quelle est la part due au changement climatique lors d’un cyclone, par exemple.

Enfin, il sera question d’assurance et de prévention des risques liés au changement climatique. Les discussions préalables semblent déjà en bonne voies, et les pays développés accepteraient de contribuer au financement des primes d’assurances pour les pays en développement. Cependant, le sujet de la prévention des risques est très important et ne doit pas s’effacer devant la mise en place de mécanismes financiers d’assurances qui pourraient être considérés comme la solution unique de gestion des risques.

 

Copenhague et la biodiversité

Il est nécessaire d’intégrer les impacts de la déforestation dans la réflexion globale et de définir des plans d’actions adaptés au contexte actuel pour endiguer le phénomène et ses conséquences. Lemécanisme du REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation in Developing Countries) des Nations Unies est novateur et fera débat lors du COP15. Il se base sur le financement d’une « déforestation évitée ». Il s’agit en d’autres termes de financer les protecteurs de la biodiversité, mais de nombreuses inconnues subsistent,tels que la nature du financement, les processus de contrôle de ce dernier…

La question de la déforestation, au même titre, plus général, que la conservation de la biodiversité est primordiale dans le cadre de débats sur le climat. En effet, comme évoqué dans ce colloque, selon Paul LEADLEY, directeur du laboratoire d’écologie systémique et évolutive au sein de l’université Paris XI-Orsay

« il existe trois grands mécanismes par lesquels la biosphère peut modifier le climat :

  • la modification du type de végétation et de la composition des systèmes aquatiques, qui peut modifier les flux des gaz à effet de serre ;
  • la variation de la hauteur de la végétation, qui peut modifier les échanges d’eau et de chaleur entre la végétation et l’atmosphère ;
  • l’émission dans l’atmosphère de particules par les êtres vivants et par les activités humaines (par exemple des composés organiques volatils), qui peut modifier la formation des nuages. »

L’homme participe à l’accélération du changement climatique. Ce dernier contribue à la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, Ces disparitions accélèrent le processus du réchauffement climatique.

Conclusion

Tout est lié, et il est donc urgent de s’interroger sur les interactions entre biodiversité et stabilité du climat.

Une des clefs du succès du sommet de Copenhague réside dans la capacité des dirigeants de chaque pays présents, à mettre de côté, l’individualisme national, et adopter une vision internationale, lors des débats et des décisions qui devront être prise dans l’intérêt général.

Il leur faudra répondre à plusieurs questions majeures :

Quels seront les modes de gouvernance des moyens financiers qui seront mis en œuvre ? Et avec quelle architecture financière ?

Quelle synergie entre soutien dans l’adaptation au changement climatique des pays du Sud et aide au développement ?

Comment prendre en compte le fonctionnement d’une société, d’un pays, dans la réflexion sur l’adaptation au changement climatique ?

Quelle prise en compte des thématiques clés qui interagissent directement avec le climat, telle que la conservation de la biodiversité ou les modes de vie urbaine ?


[1] 1979 : Première Conférence mondiale sur le climat initiée par l’Organisation Mondiale de Méteorologie (OMM), qui a débouché sur la création du Programme climatologique mondial de l’OMM

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